La bienveillance : tentative de définition girafesque (qui n’engage que moi et mon long cou)

Cette semaine, c’était stage à la Tanière.

Une occasion de plus de constater que la formation continue dans l’Educ’ Nat’ est… Disons… Ce qu’est la purée à la gastronomie française : un immonde truc pesant si celui qui le réalise n’a pas un tant soit peu de doigté.

Bref, c’est comme ça qu’à la mi-journée, un aréopage de prof et affiliés se sont retrouvés, l’air un peu ahuri, devant leur assiette de brandade cantinesque.

Au cours du repas, forcément, ça discute gnou et Maman Loup de soupirer que certains de ses élèves de 4ème peinent à égaler les performances grammaticales de Princesse Love-Louvette, qui termine sereinement son école primaire.

Les copies reviennent blanches comme les colombes du même nom.

Là dessus, une collègue fraîchement nommée à la Tanière de s’insurger, expliquant avec feu que ce désespérant phénomène s’explique par l’incapacité des élèves à réussir un exercice parce que les choupinous ne comprennent pas, vous comprenez.

Et là, je dis stop (in the name of love)

Maman Loup, elle, n’a pas bougé d’un poil (Maman Loup a la zénitude scotchée à la fourrure, ça a toujours fait mon admiration)

Moi, je suis en rupture  de stock de scotch, voyez.

Faut quand même pas pousser la girafe dans les bananiers.

Des gnous qui rencontrent des VRAIES difficultés de compréhension ou qui ne peuvent pas faire leur travail à la maison, il y en a, hein.

Et Dieu sait qu’on s’en occupe.

Madame Guêpe et sa copine assistante sociale, qui se démènent dans tous les sens pour mettre des suivis adaptés en place et qui, dans l’intervalle, gèrent les profs hystérico-nerveux répétant à corps et à cri “Y faut faire queque chose, viiiiiiiiiiiite !” peuvent en témoigner.

Mais bon sang, quand tu fais une séance d’exercices, que tu t’assures que tout le monde participe, que tu demandes qui a compris –pas question de stigmatiser celui qui n’a rien pigé-, que tu réexpliques, qu’ensuite tu donnes exactement le même travail, avec exactement la même consigne, et que plusieurs gamins ne te rendent pas le boulot sans raison valable, ben… Ca n’a plus rien à voir avec le manque de compréhension.

Le gnou en question ne veut tout simplement RIEN faire, voilà.

Comme le dit cette nouvelle collègue : “Il n’est pas motivé… Faut rester bienveillant”

Certes.

Mais la motivation vient avec la réussite et moins le gnou en fait, moins il réussit.

Moralité ?

Accepter qu’un môme n’ait même pas essayé de faire son boulot, ça n’a RIEN A VOIR AVEC DE LA BIENVEILLANCE. C’EST MÊME LE CONTRAIRE.

Curieusement, depuis qu’ils savent que s’ils ne font pas leurs exercices à la maison, ils devront venir se les coltiner en heure sup’, mes gnous me rendent presque tous leur boulot.

Ils n’ont pas l’air d’être traumatisés et je ne me sens pas malveillante pour autant.

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10 commentaires pour La bienveillance : tentative de définition girafesque (qui n’engage que moi et mon long cou)

  1. Nanou dit :

    tiens tiens ! on revient aux bonnes vieilles méthodes d’il y a presque 40 ans… Souvenirs d’une prof de français qui nous faisait faire à chaque début de cours un mini exo (10 lignes) sur la dernière règle de grammaire révisée.. pas la moyenne : collée en études avant le 2ième service de la cantoche avec 2 exos supplémentaires, à rendre le lendemain pour les externes… Efficace pour les fainéants qui préféraient quand même être avec les potes sur la cour… et quelques règles qui rentraient dans le crâne…

    • la girafe dit :

      Bonsoir Nanou !
      Je ne sais pas trop si je reprends les bonnes vieilles méthodes d’il y a 40 ans, dans la mesure où je ne donne pas de travail supplémentaire. Simplement, j’estime que le travail que je donne doit ABSOLUMENT être fait et je ne lâche pas le morceau tant que je ne l’ai pas récupéré. Il ne s’agit pas qu’il soit juste, simplement qu’il soit fait…

  2. ksk dit :

    En instruction à domicile j’ai trouvé l’argument « si ton cerveau n’est pas en forme aujourd’hui alors tes bras vont devoir suppléer » en gros si tu as la flemme (ce que je peux concevoir) de réfléchir tu fais travailler tes muscles mais il y a un temps pour ne rien foutre (ce qui n’est pas si facile) et un temps pour se bouger. Il me semble qu’un cadre est indispensable.

  3. Shakti dit :

    Je veux déménager par chez toi : je veux que mes propres gnous aient une prof comme toi !!! 😀

  4. la girafe dit :

    Shakti…. Je suis tellement rouge qu’on ne voit plus une seule de mes taches de girafe ! Merci !

  5. Anne dit :

    Tu ne veux pas prendre en pension mon numéro 4 pour qu’il comprenne? Apprendre n’est pas toujours facile, fun!!! Il faut savoir se donner du mal! S’entraîner, comme je l’explique à mes élèves, pour que cela devienne automatique.

  6. la girafe dit :

    Ma foi… Pourquoi pas ? Mais entre tes élèves et ta maisonnée, je crois que tu as accumulé une expérience que j’aurais du mal à égaler !

  7. la girafe dit :

    Dis ça à nos parents d’élèves ! Je t’en reparle bientôt !

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