Et l’ambition bordel?!

La fin de semaine a été quelque peu compliquée…  Doux euphémisme, me susurre la girafe au creux de l’oreille.

En même temps comment aurait-il pu en être autrement?

Tout a commencé par une réunion d’informations sur cette p*** de réforme du collège (la première d’une loooongue série à venir) au cours de laquelle j’ai assisté en direct live à l’enterrement de ma spécificité de lettres classiques et du latin qui disparaît purement et simplement au profit d’un truc appelé “enseignement de complément langue et culture de l’Antiquité” dépendant du bon vouloir de chaque établissement, dont le maintien doit être voté TOUS les ans et auquel les élèves peuvent s’inscrire et se désinscrire quand ils le veulent… Bienvenue dans l’enseignement zapping et saupoudrage…. Et au passage toutes mes condoléances aux collègues de lycée qui vont récupérer des secondes pas piquées des vers dans les années à venir!

Si on ajoute que cela donne un bon gros pouvoir malsain aux chefs d’établissement qui ont ainsi un superbe moyen de pression sur leurs enseignants, je vous laisse imaginer le côté désagréable de la soirée… J’aurais dû compter le nombre de fois en 2 heures de réunion où Grand Lion a déclaré “si on choisit d’offrir l’enseignement de complément ou pas” en appuyant avec insistance sur le “ou pas”… D’un autre côté il n’est pas né celui qui me fera fermer ma gueule en pratiquant du chantage un brin lourdingue…. Mais bon, faut dire ce qui est, ça énerve quand même un chouïa!

Et que dire de mes chers collègues qui ne semblent pas s’émouvoir de la disparition programmée du latin? Si je mets de côté la girafe et Castor-Croqueur-de-Culture le seul enseignant a avoir déclaré à haute et intelligible voix que “ben quand même on allait garder le latin à la Tanière” est prof de ballon ….. Croyez-moi, ça fout un coup au moral…. parce qu’a priori c’est pas du côté des profs de balle que je m’attendais à trouver le premier soutien….

Et comme si ça ne suffisait pas, avec la girafe on a enchaîné sur une journée de stage pour les gnous exotiques…. Soyons honnêtes, on s’attendait à pire, l’intervenant extérieur n’était pas inintéressant. Mais bon, quand ça fait des années que tu glapis que bordel de merde on ne peut pas intégrer de façon efficace à temps plein les gnous exotiques dans des classes lambdas avec le peu de temps qu’on leur donne en FLE et que ça fait autant d’années qu’on te répond sur un ton plus que condescendant que “mais si, mais si, c’est tout à fait possible!” (sous-entendu: c’est toi qui ne sais pas faire…. ) et que soudain un grand ponte du bilinguisme, reconnu à l’échelle mondiale, t’explique que des études ont montré qu’il fallait entre 5 et 7 ans pour qu’un élève puisse effectivement suivre des cours dans une classe lambda, et ben tu hésites entre le “et bien voilà!” hystérique et la crise de larmes pré-dépression aigüe à l’idée qu’on te demande de faire en un an ou deux ce pour quoi il faut cinq ou sept ans….

Et histoire de t’achever, l’intervenant t’explique ensuite qu’à New York l’objectif du ministère de l’éducation pour les primo-arrivants n’est ni plus ni moins que l’entrée à l’université. A cette annonce un brame a déchiré l’espace. J’avoue, c’était moi, le dino, qui bramait à qui voulait l’entendre “ah ben forcément, eux, ils sont ambitieux!”. La girafe a dû me tapoter l’épaule à quatre reprises pour que je me calme un minimum….

Faut pas s’étonner qu’après ça une migraine lancinante ait joué du tam-tam sur ma tempe droite une bonne partie du week-end….

Publicités
Cet article, publié dans La douce jungle de la Tanière, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Et l’ambition bordel?!

  1. Anna Musarde dit :

    C’est vrai qu’ils sont ambitieux. J’ai suivi un MOOC sur l’enseignement positif proposé par une école de New York, il y a avait des cours réels filmés, tout le monde se donne à fond pour que CHAQUE gosse ait sa chance, par seulement ceux qui ont déjà gagné d’avance.
    Bon, c’est ce qu’ils mettent en avant, c’est pas forcément comme ça dans chaque classe, mais tout de même, ils ont cette idée de « growth mindset », l’idée qu’on peut progresser pour tout, que la quantité d’intelligence d’un môme n’est pas donnée et finie mais objet de progrès.
    Quand tu vois le nombre de mômes ici dont on dit qu’ils n’y arriveront jamais dès le début (et je ne plaisante pas quand je dis « dès le début », en maternelle déjà parfois !) on se dit que la mentalité n’a rien à voir…

  2. Anne dit :

    Le mot ambition est un trop gros mot pour l’éducation nationale! Il impliquerait de trop gros efforts de la part de tous. Dans notre commune la seule ambition du président du syndicat scolaire est de fermer l’école. Une école ça coûte trop cher!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s