Et Brutus fit un carreau…

Cours avec les latinistes sur la fin de la Rome Royale.

Etude du tableau de Jacques-Louis DAVID, Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils…. Ce tableau

Bon, je te mets un peu au courant quand même (des fois que tes cours de civilisation romaine soient un peu loin dans ton esprit! ): ce brave Brutus, en tant que dirigeant de l’Etat romain, s’était vu contraint de condamner à mort ces fistons qui avaient, honte à eux!, comploté pour mettre fin à la République naissante et faire revenir les abominables rois méchants! Et là, on lui ramène gentiment les corps de ses deux rejetons morts.

Bref, après avoir décortiqué au cours des heures précédentes la personnalité de Brutus, après avoir lourdement insisté sur le cruel dilemne, cornélien, auquel il se retrouve confronté (agir en tant que dirigeant politique ou agir en tant que père), on finit le travail par une étude du tableau mentionné ci-dessus.

Les gnous se débrouillent plutôt pas mal, leur vieux dinosaure de prof est fier d’eux, il fait le paon discrètement dans son coin….

Et puis, dans un élan d’optimisme débridé, il pose une question:

“Que tient Brutus dans sa main?” (N.B: Brutus, c’est le gars assis tout seul et semblant porter toute la misère du monde sur ses épaules).

Intense réflexion gnouesque et soudain un brame déchire le silence studieux de la salle:

“Je sais, m’dame, c’est son doudou!”

Gné? Le symbole même de l’homme politique intègre avec son doudou?

Mine ahurie du dino qui, fidèle à lui-même, s’entend répondre au jeune gnou: “Ouais…. bien sûr, et juste avant il suçait son pouce, c’est pour ça qu’il a le bras levé….”

Fou rire dans la classe, réflexion faite, on trouve que ce que tient Brutus dans la main ressemble plutôt à un morceau de papier ou équivalent.

Quelques minutes plus tard tout le monde se concentre sur le groupe des femmes et une nouvelle question du dino.

“Quel geste fait celle qui tient serrée contre elle deux jeunes filles éplorées? Et pourquoi d’après vous?”

Intense réflexion gnouesque (bis) et soudain un brame déchire le silence studieux de la salle (bis):

“Elle pointe m’dame!”

Bon, là, j’avoue, j’ai disjoncté…. La fin du cours allait sonner incessamment sous peu, fallait conclure… Alors j’ai conclu:

“Donc Brutus faisait une partie de pétanque avec ses femmes et sa fille, en utilisant comme boules les têtes de ses fils décapités. Et comme sa femme pointait très bien, et qu’elle lui mettait la pâtée, il s’est réfugié à l’écart pour bouder, s’est cramponné à son doudou et à son pouce pour se redonner du courage….”

L’histoire ne dit pas si Brutus était meilleur tireur que pointeur…

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2 commentaires pour Et Brutus fit un carreau…

  1. Bidulette dit :

    J’avoue, j’ai éclaté de rire à votre analyse finale ! La civilisation romaine revisitée par une poignée de gnous et un dinosaure disjoncté…

    On aurait aussi pu penser qu’elle apostrophait les licteurs : « entrez donc boire un petit coup avec nous, vous n’allez pas passer sans trinquer surtout après la peine que vous vous êtes donnée ! »

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