I have a dream…

Je rêve d’une école qui ne marche plus sur la tête, d’une école ambitieuse, soucieuse d’apporter à ses élèves le meilleur, d’une école respectée, respectable et respectant….

Pour commencer, les programmes et autres réformes ne seraient plus lancées par des bureaucrates qui n’ont pas mis les pieds dans une classe depuis des lustres, mais bien par des gens en  contact avec les réalités du terrain. Leur contenu ne serait pas soumis à changement à la moindre arrivée de nouveau ministre de l’éducation.

On ne sacrifierait pas à la dernière “pensée pédagogique” à la mode, on réfléchirait sur du réel, du concret, du vivant…  On aurait compris que la solution n’est pas unique, que chaque élève a besoin d’une solution particulière, que l’enseignant peut, et doit, mixer toutes les méthodes possibles et imaginables, et on cesserait d’imposer des méthodes pour les brûler quelque temps plus tard sur le bûcher de l’infamie.

On arrêterait de confier à l’école tout et n’importe quoi, on referait de l’école ce qu’elle aurait toujours dû être: un lieu d’apprentissages, d’ouverture culturelle et d’épanouissement.

La fonction première de l’école est d’apprendre aux enfants à lire, à écrire, à compter et à réfléchir par eux-mêmes.

Cessons donc d’empiler les enseignements bizarroïdes les uns aux autres et revenons-en aux bases: français, maths, histoire-géo (pour l’apprentissage de la lecture, du calcul et la réflexion sur le monde et son évolution) devraient à mon sens être des priorités absolues!

L’étude du développement durable, l’ASSR et autres ne sont pas des priorités absolues. La priorité est d’avoir des gamins capables de réfléchir.
Le prof n’est pas là pour remplacer les parents!

Sa fonction première est d’enseigner!!!

Et les élèves ont un seul et unique devoir: apprendre!

Que la culture et les savoirs soient de nouveau montés au pinacle afin que l’institution scolaire soit respectée, par les élèves, par les parents, par la société en général!

Tous les élèves ne sont pas égaux, et de loin, devant les apprentissages. Ecoutons donc les profs quand ils proposent des solutions pour permettre à chacun d’avancer à son rythme et d’aller le plus loin possible. Et le plus loin possible ne voudrait pas dire un minimum tout riquiqui qui n’est satisfaisant ni pour les élèves les plus rapides ni pour les élèves les plus lents. Les performants s’ennuient, et des tensions naissent inévitablement entre les élèves…

Viser l’excellence personnelle, vouloir aller toujours un peu plus haut, ce n’est pas une honte! Je refuse de laisser penser à mes élèves qu’ils peuvent se contenter du minimum. Ce serait leur manquer de respect et détruire leur propre estime de soi!

L’école idéale donnerait les moyens à tous les élèves de faire de leur mieux!

Elle ne fermerait pas stupidement des portes aux élèves! Combien de gamins arrivent au collège avec une idée bien précise et, coincés par un  système scolaire sclérosé, se retrouvent en fin de collège orientés vers une voie de garage qui ne leur correspond pas!

Créons des passerelles entre les différentes filières. N’envoyons pas de force des élèves en filière générale. Ne bloquons pas l’accès à l’apprentissage à des élèves sous prétexte qu’il faut un quota de passage dans telle ou telle voie. Ne coinçons pas des gamins dans une filière. Que celui qui n’est pas prêt pour une formation générale puisse la rejoindre après un passage en professionnel, sans stigmatisation aucune…

L’école idéale ne répondrait pas “économies” aux professeurs réclamant des petits groupes. Non, l’école idéale permettrait à ces professeurs de travailler en petits groupes pour permettre à tous les élèves de parler pendant les cours de langue, pour laisser le temps au professeur de s’asseoir à côté de l’élève qui coince sur un travail et de lui fournir une explication individuelle sans pour autant délaisser les autres.

L’école idéale aurait conscience qu’elle travaille sur de l’humain et qu’elle ne gère pas des boîtes de conserve qu’on peut déplacer à sa guise sans que cela n’ait aucune conséquence…

L’école idéale n’entraverait pas systématiquement toute tentative de ses enseignants. Tout n’y serait pas super compliqué.
Organiser une sortie ou un voyage scolaire ne nécessiterait pas une bataille constante avec des administrations sclérosées et sclérosantes (petite pensée émue pour la préfecture…).
Obtenir du matériel pour une action spécifique ne relèverait pas du parcours du combattant pour marin’s américains surentrainés.
On ne mettrait pas constamment des bâtons dans les roues en surempilant des règlements et des contraintes.

L’école idéale devrait en conséquence être aussi capable de répondre aux questions de ses enseignants et à leurs besoins de formation. Les formations seraient concrètes, pratiques et dispensées par des gens en contact avec les réalités du terrain. Plus aucun formateur ne serait un adulte sans classe.

L’école idéale ne laisserait pas sévir pendant des années des enseignants maltraitants, elle leur proposerait des voies autres afin qu’ils aillent mieux (parce que bien souvent l’enseignant maltraitant est lui-même pas très bien) et qu’ils ne massacrent pas des gamins.

I have a dream.

Mais ce rêve coûterait de l’argent, beaucoup d’argent…

 
Mais ce rêve est très dangereux pour les politiques parce que cette école produirait des gens instruits, cultivés, capables de penser par eux-mêmes, n’acceptant pas tout et n’importe quoi…

Cette école nécessiterait une société éclairée, ouverte, tolérante et cultivée…

Et ça devrait être un projet  de société….

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6 commentaires pour I have a dream…

  1. Et oui, ça devrait être un projet de société et je pense sincèrement que le problème est bien celui que tu nommes, des gens instruits capables de penser par eux même ça fait peur, très peur et c’est un sacré frein plus encore que l’argent parce que toutes ces réformes empilées les unes sur les autres elles ont certainement coûté déjà très cher.

  2. Sabine T dit :

    Nous sommes nombreux à partager ce rêve !

  3. Anne dit :

    Il faut investir sur l’avenir! Je suis d’accord avec toi!

  4. Béatrice dit :

    Ce serait bien mais ça n’arrivera pas. Il faut anéantir l’esprit critique, donner du foot et de la télé-réalité en pâture aux gens pour qu’ils oublient à quel point on les presse comme des citrons et qu’ils n’aient surtout pas l’idée de se rebeller.

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