Brèves…

Hier matin, 9 heures 20. Stella-Strombuline pousse la porte de la salle girafesque avec … Oh… Presque une demi-heure de retard, et me tend son carnet d’un geste désinvolte. J’y jette un coup d’oeil rapide, puis un second, éberlué.

Mais nan, je n’ai pas sniffé trop de vapeur de craie : sous le bandeau “motif du retard”, il y a bien écrit “PAS MOTIVEE”

La girafe, qui s’hallucine toute seule : “C’est une plaisanterie, là ?

Stella-Strombuline : Ben nan Madame… J’avais pas envie, ce matin…

La girafe, qui essaie désespérément de se rappeler quand expire son adhésion à l’Autonome de Solidarité (ou “permis de baffer”, pour les intimes) : Ben tu vas poser tes fesses et te mettre fissa au boulot parce que je sens monter une non-envie de te laisser sortir à l’heure ce soir et je ne sais pas combien de temps je pourrai maîtriser la chose… Allez, zou !”

La-dessus, l’heure se termine et je me précipite au bureau des Bébés Léopards pour déposer des papiers. Odile-Mironton, souriante comme une condamnée à la fessée publique de fraîche date, poireaute devant la porte. A l’intérieur, je croise quelqu’un que je salue un peu au hasard. Faut dire que je ne suis pas très sure de reconnaître Petit-Lion. La faute, sûrement, à la fumée qui lui sort des oreilles. Le fog londonien, ça n’aide pas aux civilités.

Petit-Lion, enthousiaste : “Bonjour, Madame Girafe !

La girafe, prudente : Bonjour… Vous allez bien ?

Petit-Lion, convaincue – mais tous crocs dehors : Divinement ! Et ça ira encore mieux quand je me serai un peu calmée !

La girafe, perplexe : Ah ?

Petit-Lion, qui a l’œil du tigre (si, si, c’est possible) : Absolument ! Odile-Mironton est toujours dehors ?

La girafe, dubitative : Certes…

Petit-Lion, féroce : Bien ! Je souffle un bon coup et je vais la cueillir ! Elle est arrivée avec 15 minutes de retard à sa SEULE heure de cours de la journée et m’a balancé : “Ben, je suis venue, c’est déjà pas mal !” Je vais m’la’faire !”

Et de sortir dans un claquement martial de ballerine petit-chaton, entraînant à sa suite une Odile-Mironton qui avait l’air d’avoir bouffé des orties en fagotins.

On est d’accord, ce ne sont que des brèves de comptoir. Mais outre le fait que Petit-Lion a manqué de l’escalader (le comptoir) pour tarter une élève, je me demande ce que le récent plan pour l’école prévoit pour faire face à ce genre de situation ? Parce que je doute sincèrement que fredonner “Aux armes, citoyen…” suffise, là…

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9 commentaires pour Brèves…

  1. ksk dit :

    Euh au moins elle est honnête, pas d’histoire inventée.
    Au collège, au lycée aussi d’ailleurs, certains prof ne m’ont pas vu beaucoup parce que contrairement à Stella-Strombuline je ne prenais même pas la peine de me déplacer. Les prof ne semblaient pas étonnés.

  2. Bidulette dit :

    Mais si mais si, vous avez donné LA solution à la fin : commencer chaque cours par une montée de drapeau en chantant la marseillaise, ça fait rêver tous les élèves et du coup ils seront tous à l’heure !
    Non ?
    ….OK, non.

    Pour rebondir sur le commentaire de ksk, même si « au moins » elle est honnête et se déplace, je ne pense pas qu’il faille considérer son comportement comme acceptable sous prétexte qu’il y en a qui font « pire ». Mais je dis ça sans avoir de solution à apporter, de proposition à faire…

  3. Alainx dit :

    Alors moi qui ai quitté les bancs de l’école il y a lurette… le « pas motivé » est écrit par les parents ?

  4. la girafe dit :

    C’est sûr qu’elle est honnête… Après, j’avoue qu’en tant que prof, j’ai du mal avec l’idée que ce motif, si honnête soit-il apparaisse sur le carnet de la donzelle pour justifier un retard. Car oui, c’est le motif donné par les parents, et j’avoue que j’aurais préféré que ce soit eux -et pas moi- qui dise à Stella que la motivation, c’est un peu comme l’appétit, ça vient en mangeant et que la place d’une louloute prépubère qui a cours n’est pas entre ses draps ou à glander devant la télé…

    • Alainx dit :

      Je n’ai jamais enseigné à des enfants ou des jeunes. En revanche je suis intervenu chez des adultes, dans le cadre de formations professionnelles, fondées sur un volontariat. Donc les gens étaient motivés. ( je souligne ici au titre de la vérité une exception notoire lorsqu’il s’est agit d’enseignants participants, ces derniers étaient totalement épouvantables avec moi, Bien pires que leurs pires élèves… quand je leur ai souligné ce fait ils m’ont répondu qu’ils étaient venu ici pour se défouler et se payer la tête de l’intervenant… eux aussi ils ont été honnêtes… ce qui ne m’a pas empêcher de penser : bande de cons ! J’ai continué comme j’ai pu, comprenant alors pourquoi j’étais grassement payé pour cette journée… Je précise que mon intervention n’était nullement à visée pédagogique, vu que j’y connais rien sur la manière de remplir les têtes blondes… ). Mais revenons au sujet du jour : que comptes-tu faire vis-à-vis des parents ? Peut-être ont-ils passé ce temps du retard à remotiver leur enfant ? J’ose l’envisager !
      En tout cas cela donne à réfléchir me semble-t-il. Que faut-il pour motiver un enfant ? Chacun le sait, sans motivation on ne fait pas grand-chose de valable.
      Je parle d’expérience en tant que cancre près du radiateur dans ma jeunesse…

  5. ksk dit :

    Alainx avec les enseignants pourquoi avoir continué puisque comme ils l’ont dit honnêtement ils n’étaient pas là pour apprendre quoique ce soit. Autant sortir un scrabble, pour les plus courageux, ou un bon bouquin et laisser filer le temps.

    • alainx dit :

      ksk, c’est juste parce que j’avais encore une sorte de maladie honteuse qui s’appelle la conscience professionnelle…
      Cela me valut un beau débriefing avec le chef de l’établissement. Lequel m’avoua, Ô stupeur, que de toutes façons il n’avait aucun pouvoir sur les enseignants de son établissement qui étaient tous bien défendus par leur syndicat catégoriel.
      Pour ma part ce fut là excellent enseignement personnel sur l’utilisation de mes impôts…

  6. Anne dit :

    La motivation… A l’adolescence… C’est une notion plus difficile à trouver que le Graal! Parole de mère et parole d’ex collégienne (il y a longtemps, il y a prescription!).

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