Mieux former les enseignants… la bonne blague!

Après le choc, les décisions…

Et là, on pleure…

Z’ont rien trouvé de mieux à nous sortir qu’une pauvre heure d’éducation civique (aux compétences contestables parce que pour certaines éminemment subjectives…. et à l’évaluation non encore réfléchie… poussez les meubles que je me roule par terre de rire devant tant d’amateurisme et après, laissez moi pleurer de désespoir en voyant à quel point mon ministère me prend pour une imbécile…) et qu’une formation des enseignants renforcée…

Renforcée?! On se moque de qui, là?

La formation dans l’Education Nationale, il faut le dire haut et fort, y’en a pas! T’apprends tout seul comme un grand quand on te balance dans la cage aux fauves et que tu fais face, comme tu peux, aidé dans le meilleur des cas par quelques collègues, mais sûrement pas par le ministère!

Les formateurs n’ont pour la plupart plus vu des élèves depuis des années, ont bien souvent fui ces mêmes élèves et n’ont aucune conscience de ce qu’est l’enseignement IRL… Ils sont là avec leurs belles théories qui ne se sont jamais frottées à la dure réalité. Et je vous passe ceux qui s’imaginent que parce qu’ils sont estampillés “formateurs” ils peuvent prendre tout le monde de haut et se montrer méprisants et hautains avec les “stagiaires” qu’ils ont en face d’eux.

Je laisserai de côté ceux qui arrivent les mains dans les poches sans rien avoir préparé, ils ne méritent même pas que je leur accorde quelques mots de mépris.

Il arrive aussi que le stagiaire en sache plus que les formateurs … qui, cela va de soi, refusent d’admettre qu’ils ont pu faire une erreur, puisqu’ils sont formateurs….

Vous savez comment mes petits camarades et moi-même avons été accueillis par le directeur de l’institut chargé de nous former, lors de notre première heure de  formation?

Je vous le donne en mille…  Il nous a dit en rigolant de surtout pas nous inquiéter, qu’on retrouverait sans aucun doute quelques-uns d’entre nous pendus au lustre de nos salles de classe pour échapper à la furie de nos élèves, mais que c’était le jeu….

Voilà, c’était ça, ma formation…

On a envisagé de parler de progression annuelle en mai…

On a dû supporter des heures de masturbation intellectuelle sur la différence qu’il y avait entre “classer” et “classifier”.

J’ai dû expliquer à mon formateur la différence entre conditionnel mode et conditionnel temps.

Et pour ce qui est des langues anciennes j’ai eu droit  en tout et pour tout à une matinée avec un prof de latin qui, Dieu merci, lui, enseignait toujours et donc était en contact avec la réalité du terrain… Je vous rassure, c’est le seul mec encore en face d’élèves que j’ai pu voir.

Et pour ce qui est de la formation à la laïcité… j’en savais plus que le formateur qui, manifestement, lui, n’avait jamais défendu un slogan qui a connu son heure de gloire au cours de ma splendide enfance, lors des luttes école privée vs école publique, “La seule école libre, c’est l’école laïque”.  Pas six mois d’enseignement dans les pattes et tu en remontres au formateur… Crois-moi, ami lecteur, tes espoirs en la formation, qu’elle soit initiale ou continue, au sein de l’Education Nationale, fondent très vite comme neige au soleil!

Alors quand j’entends que là-haut à Paris on parle de mieux former les enseignants, ça me donne envie de hurler, ça me colle de l’urticaire, ça me désespère qu’on puisse ENCORE oser prendre les profs pour des demeurés absolus!

ON N’EST PAS FORMES BORDEL DE MERDE!

ON N’EST PAS FORMES,  ON N’EST PAS ECOUTES,  ON N’EST PAS AIDES ET ON N’A AUCUNE CONSIDERATION POUR NOUS!

Il est là le problème, messieurs et mesdames les politiques!

Alors, quand allez-vous vous décider à nous redonner un peu de considération, un peu de poids dans la société? Quand allez-vous cesser de taper à bras raccourcis sur ceux qui forment ( dans la mesure où on le leur permet) les citoyens de demain? Quand allez-vous remettre l’exigence, le travail et la réflexion au centre de l’enseignement?

QUAND?

Parce que là, ça urge!

Paroles de profs de Zone d’Education Sauvage!

Edit: Il semblerait que j’ai été un minimum entendue… Notre bien aimé président prônerait, me dit-on, un retour à l’autorité à l’école, un enseignement des fondamentaux avec une priorité à l’enseignement du français…

Wait and see….

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9 commentaires pour Mieux former les enseignants… la bonne blague!

  1. ksk dit :

    Long débat philosophique pour savoir si on peut écrire que « les prof vont être mieux formés » quand ils ne le sont pas ou si, dans ce cas de figure, ne faut-il pas écrire « les prof vont être formés ».

  2. Anne dit :

    La formation… Gros foutage de gueule!!! Les instits, les profs sont de plus en plus diplômés mais de formation pédagogique nulle trace… Et j’oserai dire que la manière/les manières sont mille fois plus importantes que la matières/les matières!!! Nous sommes laissés seuls face aux difficultés de la société, des familles, des gosses/jeunes qui souvent ignorent ce que l’école peut/doit leur apporter. L’école n’est pas un sanctuaire c’est le creuset où se mélange, ou s’affronte, toutes les richesses et les difficultés du quotidien. Et pour ce qui est de la formation continue… Qué formation continue? Faute de moyen elle se réduit comme peau de chagrin et l’EN en est réduite à utiliser l’autoformation ou la formation « en interne », partage de pratique, la formation en ligne… Et puis comme tu le dis les formateurs… Ne sont pas plus formés que nous!!!

  3. camille-madeleine dit :

    Bonjour,

    Il serait instructif d’entendre les réponses de nos ministres à la question : définir la laïcité, et en premier la définition donnée par la ministre de l’EN. D’autre part, les ministres nuos ont largement démontré que la compétence n’est pas un critère de sélection, quant à leurs formations après recrutement, je n’en sais pas grand chose, de toute manière « on » les envoie rapidement vers d’autres tâches.
    « remettre l’exigence, le travail et la réflexion au centre de l’enseignement », mon côté pessimiste me conduirait à dire qu’il est impossible de ramer à contre-courant des exemples montrés par les médias et de nombreux politicards et pourtant je vois des collègues (mais pas tous) faire au quotidien et dans l’ombre un travail remarquable. Heureusement pour mes petits enfants !

    PS : il va falloir que je revoie mes connaissances sur le conditionnel

  4. Pomme dit :

    Une quoi ? Une formation ? Quelle formation ? Où ça ? Quoi ça ?

    Bon allez, je vais me faire un petit peu l’avocat du diable. Étant en plein dedans comme certains des mes amis dans d’autres matières, je me suis tenue à peu près au courant.

    Avec la dernière réforme du CAPES, à savoir préparation et passage du CAPES en master 1 avec cinq toutes petites semaines de stage dans l’année puis une année de master 2 en alternance (trois jours en établissement, 9h de cours soit un mi-temps et deux jours de « formation » à l’ESPE), c’est un petit peu mieux que rien du tout comme avant. Reste le problème des formateurs et tout a été dit… (Même moi sans être capable de l’expliquer proprement, j’ai une vague idée de la différence entre conditionnel mode et conditionnel temps, très vague hein, mais ça fait une éternité que je n’ai pas fait de grammaire (et encore c’était en latin la dernière fois) – je ne sais pas si j’ai déjà précisé que ma matière est probablement la plus détestée à savoir… les maths !)

    En revanche, quid des agrégatifs ? Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres matières et les autres universités puisque c’est beaucoup moins encadré en termes de préparation que le CAPES (alors que les trois-quarts se retrouveront de la même manière devant une classe l’année prochaine), mais la moitié de ma promo n’a jamais réellement été devant une classe (moi comprise) et un quart n’a aucune idée de la réalité du métier, aucune expérience avec des enfants, et admet ne pas savoir si ça leur conviendra (cette fois je ne suis pas dedans). J’ai toujours l’impression d’halluciner un peu quand j’entends ça et j’hésite à les plaindre eux ou leurs futurs élèves. Didactique et pédagogie sont pour moi des mots vides de sens entendus dans les conversations de ceux qui préparent le CAPES (souvent en se plaignant des formateurs et du manque de concret, on tourne en rond). Stage ? Absolument pas obligatoire. Mon responsable de formation un peu plus impliqué et au courant de la réalité que la moyenne a bien essayé de négocier avec le rectorat pour deux ridicules semaines, ce dernier nous a cette année purement et simplement oubliés ! Bien conscient de l’absurdité de la chose, il essaye actuellement de débaucher la seule formatrice un tant soit peu compétente (la seule dont une amie a dit « tu verras, elle, elle est géniale ! »). « Parce que comme en plus, vous n’avez pas eu de stage, faudrait peut-être savoir un peu où vous mettez les pieds… » Ah bon ?

    Allez ! J’arrête mon roman, je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que je trouve presque inquiétant que futurs jeunes profs nous soyons pour la plupart déjà si blasés et plus portés à rire (sans doute pour éviter de pleurer) de l’absence de formation initiale.

  5. allezzou dit :

    J’entends ta colère et ton exaspération, Amie de la jungle mais… tu ne peux pas dans le même article hurler que les profs ne sont pas ou mal formés, et hurler contre un gouvernement qui propose de mieux les former… c’est contradictoire… Non ?
    Allez, courage, c’est avec les petites gouttes d’eau qu’on éteint les grands incendies ! :o)

    • Anne dit :

      allezzou nous sommes tellement, tellement, habitués (et je suis une vieille de la vieille) à ne voir la montagne accoucher d’une souris anémique, à être déçus, la marche est immense entre les annonces et la réalité, à tous les coups… que nous avons le droit de hurler!!!
      Un jour, peut être, nous entendront-ils?
      Ce sont, de nouveau les maîtres formateurs, les conseillers pédagogiques qui vont devoir caser ces « nouvelles » compétences à nous inculquer alors qu’ils doivent aussi faire des stats, remplir des formulaires, mettre en ligne le résultat des évaluations (qui ont été faites au détriment du temps d’apprentissage), repêcher les collègues qui se noient (quand ils sont repérés), tenter de conseiller des maîtres débordés par des élèves violents, en crise, ingérables dans une classe de 25, se décarcasser avec des familles fâchées, qui consomment l’école et la voudraient adaptable, modulable à leur guise… J’en oublie. Les effets d’annonce me fatiguent. Me fatiguent.
      Dans leurs bureaux, là haut, ils vont toucher une prime de responsabilité qui équivaux à un an (un an!!!) de salaire d’un instit de base…
      Pendant que la somme au bas de notre fiche de paye baisse. Pendant qu’on a la tête dans le guidon. Pendant qu’on rend encore l’école responsable de tous les maux.
      Les élèves en difficultés, sur la mauvaise pente, avec des boulets aux pieds on les repère!!! Mais rien, rien, sauf quelques rustines miséreuses, que l’on se décarcasse, à mettre en œuvre, des heures durant, en tirant sur toutes les sonnettes, pour ceux/celles qui ont encore la moelle, foi en l’avenir, une conscience, n’est fait pour prendre le problème à la base! Nos élèves ne sont pas égaux!!! Tu es bien placée pour le savoir…

    • le dinosaure dit :

      Oh si je peux…. parce que si nous former c’est être formé par les mêmes personnes qui forment actuellement ça ne sera pas de la formation. Il n’y a pas de véritable politique de formation dans l’EN. Je vais être méchnate, mais les 3/4 des formateurs que j’ai pu croiser sont des planqués qui ont fui les élèves, et qui, bien souvent, ne s’en sortaient pas avec les élèves. Les rares formations intéressantes que j’ai pu avoir étaient dispensées par des extérieurs à l’EN exceptionnellement conviés…
      Chat échaudé craint l’eau froide, dit le proverbe. Pour moi ce serait plutôt chat ébouillanté craint l’eau froide. Je n’y crois plus… et les belles annonces ça n’a jamais changé le monde, il faut des faits et du concret… et pour l’instant… et bien, je le cherche désespérément…

  6. Alainx dit :

    Kouah ??
    Oser critiquer les formateurs que je paye avec mes impôts!
    Une amie blogueuse, enseignante, communique les « slides » de sa dernière formation pour savoir comment c’est y kifokonfé pour apprendre les trouducs à lire !
    C’est ici
    http://ia26.pedagogie.ac-grenoble.fr/IMG/pdf/Diaporama_A_Perrin_04-2013.pdf
    et c’est lumineusement incompréhensible….

    Agnès Perrin est une bienfaitrice de l’humanité, méritant les palmes a caca-endémique !

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