Toujours plus…

 

Lu hier, au soir d’une journée passée à trotter comme une licorne sous amphèt’ après les documents à récupérer / les gamins à voir / les réunions à planifier / les collègues à informer / les photocopies à faire / le temps (pas de mention inutile à rayer)

“Papillomavirus : et si on vaccinait à l’école ?”

Voyons voir…

Est-ce que j’ai que mes élèves vivent leur féminité comme une menace, leur col de l’utérus suspendu au-dessus de la tête comme une épée de Damoclès ?

Nan.

D’autant que ça me parait physiologiquement contraignant, comme posture.

Je n’ai pas non plus envie qu’ils attrapent des poux. Ni des maladies de peau. Ni qu’ils se mettent à fumer. Ni à se droguer. Ni à boire. Ni qu’ils participent à des jeux dangereux. Ni qu’ils aient des rapports non protégés. Ni qu’ils soient maltraités. Ou harcelés. Ou déprimés. Ou qu’ils volent. Ou se montrent violents. Ni même qu’ils se nourrissent mal. Ou pas assez.

Et c’est donc pour ça que j’accompagne régulièrement mes classes à des ateliers / rencontres / expo / débat sur comment laver ses draps / ses bonnets /ses cheveux / ses fringues / ne pas crapoter /siroter / s’autoétrangler / se capotiser / se protéger / parler (sans s’engueuler) / ne pas voler (voui, on explique pourquoi et parfois comment (sortir du magasin pour ne pas chourrer un truc qui nous fait diablement envie mais qu’on n’a pas les moyens de se payer n’est pas une évidence pour tout le monde) (ne pas l’acheter en mode “tombé du camion” à des cousins bien attentionnés non plus). C’est aussi pour ça que je me suis retrouvée à beurrer des tartines entre deux heures de cours à la glorieuse époque de la “semaine petit-déjeuner”.

Curieusement, aucun des ministres qui déplore à grandes envolées lyriques la baisse du niveau en math, l’incapacité des élèves à orthographier un texte sans erreur ou leur manque d’aisance en langue, n’a été capable d’établir un lien entre les difficultés des gamins et le nombre d’heures de cours que les prof consacrent à faire autre chose qu’enseigner.

Ce qui prouve bien d’ailleurs que s’il y a une baisse du niveau, elle touche la tête avant d’atteindre la base.

Des solutions ?

Ben j’en ai pas.

A part peut-être se dire que l’école ne peut pas tout faire et que nous avons des partenaires qui pourraient intervenir, au besoin dans les établissements (ou ailleurs), mais hors temps scolaire (le mercredi après-midi, par exemple ?)

On me souffle dans l’oreillette que ce vaccin serait administré vers 9 ans.

Ce serait donc les instit’ qui s’y colleraient.

Je m’efforce de retenir le (très lâche) soupir de soulagement qui me soulève à cette pensée.

OK, je sors.

Je sens que j’ouvre la voie à tout un tas d’ateliers “pas taper la girafe qui énerve le premier degré”, là…

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11 commentaires pour Toujours plus…

  1. Anne dit :

    Comment ça l’école ne peux pas tout faire? On m’aurai menti alors? Je ne suis pas sensée leur apprendre, la propreté (hygiène, pour faire bien) même en luttant contre les traditions/habitudes/manquement (à non, tous les parents sont compétents! tous les parents sont compétents! tous les parents sont compétents! ), la politesse même en luttant contre les traditions/habitudes/manquement (à non, tous les parents sont compétents! tous les parents sont compétents! tous les parents sont compétents! ), à parler un français compréhensible, à monter/descendre un escalier, et puis à devenir élève, et la sécurité routière, et l’informatique, et l’égalité fille/garçon, même en luttant contre les traditions/habitudes/les rigidités semble t-il incompressibles de la société (allez zou, maman s’enquille deux journées pendant que papa joue à la Xbox (ah, si, ça se modernise!!!)), et puis aussi un peu leur faire découvrir le monde de l’écrit (un archaïsme dans leur monde sans livre. Médiathèque, kek’c’est’ksa?), et puis aussi leur donner quelques notions précises des nombres et du monde fascinant des maths (Gni? Dans le monde du SMIC, du RSA et du crédit à la consommation?), et puis aussi développer les activités culturelles (au fin fond du Loir et Cher, là où la grande sortie du samedi c’est au centre commercial), sportives (m’enfin, les filles, à la vanille, en rose, si choues, ça ne joue pas au foot!!), sans oublier d’intégrer, sans formation, à la va comme j’te pousse (mais si, mais si ça va le faire, de toute façon c’est la loi! De toute façon il n’y a plus de structures adaptées pour ce genre (tous les genres) de handicap.), en jouant sur notre conscience professionnelle…
    Pour ce qui est de la vaccination je suis bien contente que le laboratoire qui le produit ai réussi à embobiner/soudoyer quelques politiques pour s’en mettre plein les poches sur le dos de notre brave démocratie moribonde mais jamais ma fille ne se fera vacciner à l’école (ni ailleurs d’ailleurs)!!!!

  2. Anne dit :

    Désolée, mais là la coupe est pleine!!! L’éducation nationale nous prend vraiment pour des cons!!! Hier en primaire 4 enfants sont partis au urgences avec les pompiers: un qui a un gros pet au casque c’est mis à bastonner ces camardes de classes. Il a fallu 4 adultes et les gendarmes pour le maitriser. Et, devinez quoi? Tout va bien. Et, si, si, il va revenir à l’école…

  3. Anne dit :

    Oula!!! J’étais bien mal réveillée c’est auX urgences et Ses camarades…

  4. jereve dit :

    Et si les décisions familiales se prenaient… en famille ? Et si on laissait les médecins faire leur boulot ?
    Pfffffffffffff…
    (D’abord moi je ne sais pas faire les piqûres ^^)

  5. ksk dit :

    Oui Anne, je suis simple parent au fin fond de la cambrousse convaincu que l’école sert juste aux apprentissages de la langue de Molière, de la capacité à faire des calculs pas trop compliqués et un iota de culture générale. Après avoir du lui apprendre moi-même à lire, écrire, compter, additionner, soustraire… J’ai craqué. Ma fille est maintenant scolarisée à la maison, est plus reposée et disponible pour les activités artistiques qu’elle a choisi. Si les instit et les prof pouvaient n’avoir qu’à s’occuper de savoir scolaires, je reste convaincu qu’ils le feraient mieux.

  6. ksk dit :

    Bon « convaincuE », « dû » et « savoirS » seront mieux. L’avantage d’enseigner soi-même…

  7. Agdel dit :

    Tout à fait d’accord ! Les programmes actuels sont de vrai fourre-tout : « Et si on leur apprenait à se nourrir ? à passer le code ? le permis ? à faire du vélo ? Mais on est bien d’accord, hein, le niveau baisse, il est intolérable que les enfants sortent de primaire sans savoir lire correctement ! Les enseignants doivent ABSOLUMENT reprendre les bases essentielles »
    Franchement, j’admire les professeurs de collège, ce sont des saints !
    Et mes filles ne seront pas vaccinées, j’ai déjà trouvé assez difficile de devoir prendre cette décision et de la soutenir face à mon médecin pour ne pas vouloir l’expliquer en plus au médecin scolaire ! (Ah, la campagne de vaccination contre la grippe A, où mes gamins étaient quasiment les seuls de leur classe à ne pas y passer… )

  8. Petitegigi dit :

    Tout d’abord merci pour votre blog si drôle découvert à la fin des vacances et dévoré depuis … Certaines descriptions m’ont rappelée étrangement certains de mes élèves ! Vous avez un réel talent toutes les 2 !
    Et merci pour ce coup de calgon ! En effet le nombre d’heure que l’on perd en interventions sur l’alcoologie /la drogue/ la vaccination / la sécurité dans les transports scolaires / le planning familial / la prévention des risques d’internet/ le passage de l’ASSR (qui dans mon collège reviens toujours aux profs d’hist-géo ….- je ne suis pas monitrice d’auto-école flûte !)/ le savoir nager des 6ème / le savoir skier des 5ème (pays de ski oblige il faut bien que le conseil général assure la relève pour continuer à faire tourner les sports d’hiver dans le département …) est hallucinant ….
    Et pendant ce temps-là des 3ème sont incapables de lire correctement un texte ou de faire une phrase sans faute d’orthographe …

  9. la girafe dit :

    Merci de vos réactions, les filles, je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à sursaturer du bonnet face aux exigences saugrenues de l’Educ’ Nat’ !

  10. Shakti dit :

    Ah ben de toutes façons, je n’ai fait vacciner mes Machins que des trucs obligatoires pour la crèche et le reste, ROR et autres varicelles, même pas en rêve ! Alors le vaccin contre le papillomavirus, que c’est écrit en tout petit que ça ne traite éventuellement que 2 des microbes pas sympas, il n’est pas près de s’approcher de l’utérus de mon Machin fille, non mais.
    @ Agdel, jai béni le fait d’habiter en Belgique à ce moment-là, où ça n’était pas obligatoire et même pas proposé systématiquement chez le médecin.

    Bref, laissons les enseignants faire leur boulot, les personnels soignants faire le leur et de temps en temps les parents de ce qu’ils pensent être bien, et tout ira bien.

    Courage !

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