Parce que tout n’est pas toujours rose…

Bon, il est temps de rétablir l’équilibre!

Il est temps de vous parler aussi de certains collègues qui ne sont pas vraiment la gloire de l’enseignement.

Tiens, par exemple, ce matin, en allant chercher mon pain, j’ai croisé Poulardon-Mollasson.

Bon, en toute honnêteté, j’ai changé de trottoir et d’itinéraire pour ne pas avoir à lui adresser la parole, ne fut-ce que pour le saluer poliment. Et si j’ai agi ainsi ce n’est pas seulement parce que le dino que je suis est un malotru qui oublie sans trop de scrupule sa bonne éducation à certains moments, non, c’est uniquement parce que Poulardon-Mollasson est, à mes yeux, une honte pour la profession… Le prof dont tout le monde se souvient parce que qu’est-ce qu’on a rigolé dans ses cours, enfin quand il était là hein…

Bon, fin de l’introduction et passage au développement.

Poulardon-Mollasson est régulièrement, très régulièrement, trop régulièrement, en retard et pour justifier ses retards, il a beaucoup d’imagination….

Un matin sa voiture refuse de démarrer, un autre elle tombe en panne, mais il est incapable de dire avec précision où…. Un jour cette même voiture, la malheureuse, a croisé un élan échappé de la forêt voisine qui est allé la chatouiller de ses bois et de ses flancs robustes.

Quand il n’est pas en retard, Poulardon-Mollasson est absent, pour cause de maladies diverses et variées. Après la saison des gastro-entérites arrive celle des rhino et autres angines, avec leur lot de complications dûes à de brutales et violentes allergies aux médicaments prescrits par le docteur.

Quand par miracle Poulardon-Mollasson est présent, il ne brûle pas d’envie de dispenser son savoir en matière d’histoire-géographie, non… il préfère traîner le plus possible en salle des profs afin d’arriver en cours le plus tard possible. Quant à préparer ses cours, c’est une notion qui pour lui reste très vague…

Bilan des opérations: ses cours ressemblent plus à une version des montagnes russes par jour de grand vent qu’à une longue plaine calme et silencieuse. Les élèves hurlent, les craies volent, quand ce ne sont pas les insultes…. Et je ne vous raconte pas dans quel état se trouve la salle de classe après son passage… On a l’impression qu’un cyclone y est passé.

Conséquence directe: Poulardon-Mollasson hésite quelque peu à venir en cours.

Une année Mama Bongo, la secrétaire de Grand Lion, a calculé qu’il avait assuré en tout et pour tout 15 jours de cours sur l’année.

C’est cette même année qu’un 26 juin Poulardon-Mollasson a squatté la photocopieuse pendant près d’une heure et a lancé à la cantonnade au moment où il quittait la salle des profs: “Moi, je fais travailler les élèves jusqu’à la dernière minute!”

Ca a tellement sidéré les profs présents qu’aucun n’a eu la présence d’esprit de rétorquer: “ Oui, quand tu es là, et c’est tellement rare!”

Bref, chaque année les parents tremblaient à l’idée que leur progéniture risquait d’avoir Poulardon-Mollasson, les profs de sa matière essayaient de limiter les dégâts en ne lui donnant pas les niveaux “importants” (et pleuraient de désespoir en pensant ce qui allait arriver aux autres niveaux…) et Grand-Lion allait mettre régulièrement des cierges dans toutes les églises qu’il pouvait croiser pour que Poulardon-Mollasson demande sa mutation…

Il a fallu trois inspections d’affilée et quelques solides accrochages entre collègues pour que Poulardon-Mollasson comprenne la nécessité d’un changement. Et comme parfois il se souvient qu’il a un cerveau, il a envisagé une réorientation professionnelle… Comme quoi, tout arrive.

A l’heure qu’il est la Tanière respire… Poulardon-Mollasson l’a officiellement et définitivement quittée….

Seul souci: sa réorientation professionnelle n’est pas, elle, devenue une réalité, et c’est donc dans un autre établissement qu’il continuera à massacrer des générations d’élèves sans que l’éducation nationale ne fasse véritablement quelque chose pour enrayer le processus.

Et une question reste posée: combien d’élèves ne se souviendront que de Poulardon-Mollasson quand il s’agira d’évoquer leurs profs? combien d’élèves ne parleront que des cours de Poulardon-Mollasson et passeront sous silence les heures de cours géniales et enthousiasmantes qu’ils ont pu avoir avec Miss Earl-Grey Fleur de Lotus ou avec la girafe?

Et voilà comment le discrédit est jeté sur toute une profession…

Publicités
Cet article, publié dans La douce jungle de la Tanière, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Parce que tout n’est pas toujours rose…

  1. iibelle dit :

    Meuh non la notion de sous ensemble est accessible à beaucoup d’élèves, il n’y a qu’à voir les jours de rentrée la fébrilité lors de la découverte de la liste des profs. Les mauvais profs ne jettent le discrédit que sur eux-même.

  2. Nicole Giroud dit :

    Nous avons tous connu des Poulardon-Mollasson à la fois exploiteurs de la grosse machine et malheureux à l’intérieur. Ils font parfois illusion auprès des élèves à coup de complaisances diverses mais cela ne dure pas. La grosse machine ne fait pas son travail mais on s’aperçoit que toute tentative de réforme se heurte aux syndicats. C’est en tout cas ce que j’ai vu, à Genève oû j’ai enseigné pendant plus de trente ans.

  3. Anne dit :

    Et encore au collège… Ce ne sont pas toutes les heures d’une classe que les « bras cassés/ravagés du ciboulot/fêlés de la calebasse/feignasses patentées » « assurent » contrairement à l’école primaire… Et rien n’est prévu pour leur reclassement voire leur éjection! Et ils passent d’une école à l’autre…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s