Trois hommes et un wc

Oui, aujourd’hui, je me vautre dans le glamour.

Rassure-toi, lecteur offusqué (pour peu que cette espèce hante encore les pages de ce blog, ce dont je doute), le dino a pris plein de jolies photo et on te les balance dès qu’il retrouve le logiciel ad-hoc. Ca concasse du rêve, je ne te dis que ça.

En attendant, il m’est arrivé récemment une petite mésaventure rigolote que je vais m’empresser de te narrer, histoire de t’exercer un brin les zygomatiques.

Comme tu t’en souviens, j’ai une vessie de la taille d’un dé à coudre de gnome (Et ce blog est un espace privilégié de classe et de distinction)

Bref, l’autre jour, au crépuscule, nous traversions la place du commerce, un magnifique espace blanc ouvert sur le Tage, et nous papotions tranquillement tout en admirant le soleil couchant quand cette délicate partie de mon anatomie se rappelle vigoureusement à mon bon souvenir. (Poésie, quand tu nous tiens…)

Nous décidons donc de faire une pose à la terrasse de l’un des nombreux cafés nichés sous les arcades et l’adorable serveur me conduit aux toilettes de l’office du tourisme, dont l’échoppe dépend.

“Code 33462” m’indique-t-il en me laissant dans le couloir.

C’est là que je vois trois silhouettes dégingandées couronnées de têtes blondes virer vers moi d’un air intéressé et l’un des jeunes messieurs en question lancer un sonore :

“Ach ! Es ist der Code !”

Et les trois représentants du doux pays de Goethe de prendre le pas de course. Je suis arrivée juste à temps pour les voir s’engouffrer dans les lieux en question, me claquant quasiment la porte au nez.

Et j’ai attendu.

Oh, pas très longtemps.

Car assez rapidement, après les bruits de tuyauterie somme toute classique, j’ai entendu ceux d’une discussion d’abord perplexe, puis de plus en plus anxieuse. Et enfin, des coups à la porte. Discrets, d’abord. Puis de plus en plus énergiques. Et pour finir, quasiment hystériques.

J’ai donc pris sur moi de composer le code à nouveau, et j’ai vu la fameuse porte se réouvrir sans attendre, livrant le passage aux trois courageux représentants de la grande Allemagne qui sont sortis à la file indienne, la tête basse, et m’ont  salué d’un “Danke” soulagé avant de s’éloigner.

La porte en question s’ouvrait de l’extérieur grâce au code, mais de l’intérieur avec une clef.

A ce stade, je gloussais comme une poule.

Ce qui prouve bien que j’ai la naïveté d’un enfant au maillot peu avancé pour son âge.

Oui, le destin peut parfois se cacher dans les toilettes pour mieux de foutre de votre g…le.

Et croyez-moi, il se bidonne.

Car c’est quand je suis à mon tour entrée dans les toilettes que c’est devenu VRAIMENT drôle.

Quand je me suis rendue compte qu’il fallait franchir une deuxième porte pour accéder aux toilettes proprement dites.

Et que donc, je devais trouver moyen de rabattre la deuxième porte tout en m’assurant que la première resterait ouverte.

Bon, ben… Quand faut y aller, faut y aller, hein !

J’ai débouclé une de mes sandales que j’ai callée contre le premier chambranle avant de me précipiter à cloche-pied dans les toilettes proprement dites,  d’où j’ai jailli à nouveau dès que possible pour récupérer ma pauvre chaussure tout en maintenant la porte d’un auguste coup de fessier.

Bref, autant vous dire que toute l’opération s’est déroulée dans des conditions de confort et de discrétion plus que précaires puisqu’au final, il m’était bien évidemment impossible de verrouiller la moindre porte.

Ce qui, dans le couloir de l’office du tourisme de Lisbonne (ville déserte en juillet, comme chacun sait), est toujours agréable.

Finalement, j’ai émergé de là échevelée et transpirante pour retrouver un dino perplexe de ma longue absence.

Voilà ce qu’on gagne à se moquer des Berlinois en goguette.

Mea culpa.

Mais j’expie.

Depuis hier, je me flagelle à coup de photo d’Angela en tailleur au G20.

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3 commentaires pour Trois hommes et un wc

  1. amanda dit :

    Ach, pauvre Girafeu, comme je te gomprends ! Moi aussi je souffre du même mal et ai connu aussi de très vexantes aventures comme de faire pipi dans les toilettes publiques de San Francisco qui n’ont pas de porte ( comme à l’armée)….Je te conseille donc de te remuscler le périné, organe responsable de nos maux, mais ne fais pas comme moi. Je me suis pétée le genou à force d’abdos forcenés avec une kiné qui devait avoir été gardienne de stalag. Ach de noufeau ces Allemands !

  2. Shakti dit :

    @ amanda : C’est curieux, j’ai passé qques années à l’armée justement et il y avait des portes, bref…
    pour le reste, on entend souvent parler des touristes français, mais visiblement, les Teutons ne sont pas mal non plus…

  3. la girafe dit :

    Les filles, je vais suivre vos conseils et me méfier de mon périné… Et des teutons ! Je dirais même plus : je vais me méfier de mon périné en Teutonie puisque la prochaine escapade programmée, c’est Berlin !

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