C’est une looooooongue histoire…

Tellement longue, d’ailleurs, que je n’ai pas eu le temps de te la raconter avant de partir avec les gnous en Italie, comme je me l’étais promis.

Mais c’est pour ça que les vacances existent, non ?

Oyez, oyez, donc, lecteur de mon cœur, la longue, longue, looooooooooooooongue histoire du bulletin de Mimi Frétille…

Mimi Frétille, je t’en avais parlé ici. Soucieuse d’expédier les corvées supplémentaires au plus vite de remettre les bulletins aux parents qui seraient absents le soir de la réunion de remise,  j’étais entrée en contact avec Mme Frétille une semaine avant la date fatidique soit le 7 décembre.

Un rendez-vous était fixé, bref… Tout roulait.

Enfin… Surtout la voiture du docteur que Mme Frétille a comme par hasard du consulter PILE le jour et à l’heure PRECISE du rendez-vous.

Grrrrrr…

“Mimi, les vacances vont commencer mais je dois ABSOLUMENT voir tes parents à la rentrée. Demande-leur de noter leurs disponibilités sur ton carnet, d’accord ?

-Oui, M’dame !

-C’est VRAIMENT important, Mimi ! N’oublie pas !

-Z’inquiétez pas, M’dame ! Bonnes vacances !

-Bonne vacances, Mimi…”

Lundi 7 janvier, 8 heures.

“Bonjour les gnous, bonne année ! Mimi, tes parents ont indiqué sur ton carnet le moment où ils pouvaient venir me voir ?

-Ben nan…

-He bien fais-le pour demain !

-Oui, M’dame !”

Mardi 8 janvier, 10 h.

“M’dame, M’dame, maman a écrit sur mon carnet !

-Ah !

-Mais z’ai oublié le carnet…

-Ah…

-Mais… Euh… Ze peux l’apporter cet après-midi ?

-Oui, Mimi, tu peux faire ça.

“Appuyez-vous sur vos principes, ils finiront toujours par céder”.

C’est d’Oscar Wilde.

J’adore Oscar Wilde.

Ceci dit, faire ce dont j’ai envie à l’instant précis (à savoir, gueuler comme une hyène sous pic hormonal que bordel  saperlipopette, ce bulletin de m….   si important aurait déjà du être rendu depuis un mois) me parait relativement contre productif.

A la place, j’opte pour la respiration du koala.

“Ok. On se voit cet après-midi, Mimi !

-Voui, M’dame !”

Mardi  8 janvier, 16 h 30.

Je continue la respiration du koala.

Constipé, le koala.

Mimi a bien évidement oublié de revenir me voir.

Mercredi 9 janvier, 9 h.

“Mimi ?

-Voilà, M’dame !”

Le carnet se matérialise devant moi comme par magie. Rendez-vous pris pour lundi 15 janvier, 13 h 45 mn.

Gros soupir de soulagement girafesque.

“Eh bien on va finir par y arriver,  Mimi ! Merci !”

“De rien, M’dame !”

Lundi 15 janvier, 15 h 30 mn.

La girafe avance vers sa salle avec la délicatesse d’un troupeau de buffles énervés.

2 heures. Je viens de poireauter 2 heures pour rien.

Pas l’ombre d’un Mme Frétille à l’horizon.

A ce stade, le koala fume les feuilles de son eucalyptus pour se calmer.

Jeudi 16 janvier, 10 h.

“Mimi ? J’ai attendu ta maman, hier…

-Oui, M’dame, je sais… La voiture a pas démarré !

-Tu veux dire que ta maman était à la maison ?

-Ben oui !????

-Et elle ne pouvait pas passer un petit coup de fil au collège pour dire qu’elle avait un empêchement ?

-Ah bon, y fallait ?

Dans ma tête, le koala abandonne la fumette et commence à piler les feuilles pour les sniffer direct.

Non, ce n’était pas la peine, j’adore attendre comme une conne. Disons que j’aurais apprécié de savoir ce qu’il en était…”

Sitôt le cours terminé, je monte dans le bureau de Petit-Lion qui décroche obligeamment son téléphone et fixe un rendez-vous avec Mme Frétille.

Pour le  22 janvier.

Le 23, Petit-Lion m’accueille avec un regard navré.

“Mme Girafe, à propos de Mme Frétille…

-Laissez-moi deviner… Elle n’est pas venue ?

-Au rendez-vous, non… Il y avait trop de neige ce matin pour qu’elle prenne le tramway.

-???????????????

-Oui, je sais, Mme Girafe, moi aussi. Je l’ai rappelée et nous avons convenu d’un nouveau rendez-vous. Pour demain. Mais elle s’est présentée hier soir. A 16 h 30.

-????? Mais je n’étais pas là…

-Oui, j’ai expliqué à Mme Frétille que vous n’étiez pas là toute la journée (Note de la girafe : surtout quand j’’encadre une sortie scolaire sur mes heures de liberté) et comme elle tient absolument à vous rencontrer, je lui ai fixé un autre rendez-vous.

-?????

-Pour le 6 février.”

Grosse crise du cours de l’eucalyptus. Le koala  sniffe, fume et se shoote en même temps. 

6 février, 14 h.

“Euh… Mme Girafe ?

-Oui ?

-Bonjour, je suis Mme Frétille…”

SHPONG ! Ca, c’est le koala qui vient de tomber de son arbre. Il a cru à une hallucination, la pauv’ bête…

“Euh… Bonjour Mme Frétille. Je suis ravie de vous rencontrer enfin !”

Bilan ? 8 semaines pour réussir à finaliser une rencontre qui a duré, en tout et pour tout, 10 minutes.

Record battu.

Et le koala ? Oh… Après une petite psychothérapie, ça devrait aller mieux…  

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4 commentaires pour C’est une looooooongue histoire…

  1. beatrice29 dit :

    C’est quoi la respiration du koala ? Il me faut cette technique !!!
    Sinon, ben, ça m’étonne pas du tout… quant à penser que les profs sont présents 24/24, je pense que certains en sont persuadés !

  2. la girafe dit :

    Bonsoir, beatrice, bienvenue dans la jungle !
    La respiration du koala consiste à visualiser une girafe surexcitée puis à respirer profondément quand on constate que le principe de réalité ne permet décidément pas de dire tout ce qu’on pense (à savoir qu’on étranglerait bien certains parents avec de vieux élastiques maped)
    En ce qui concerne la présence des prof 24/24, certains collègues membres de l’administration nous ont déjà fait gentiment remarquer qu’en tant que prof, on n’avait pas à se plaindre (seulement 18 heures de cours, c’est le pied, non ? ) J’avoue, ça me fascine…
    Bise.

  3. Le Foetus dit :

    Ah ah ! Je pense que pour rajouter une pointe d’humour à ton article il aurait été de bon ton de préciser qu’il n’y a pas de tramway dans la ville où se situe la jungle ! AH AH AH mais j’en ri encore !

  4. la girafe dit :

    Tu as raison, le Foetus… Mais pour préserver l’anonymat de mes personnages, ces petits détails sont bien utiles…
    Le tramway fait donc fonction de couverture, si je puis dire !

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