Mais t’es une grande malade, toi (Part III et der des der, j’espère) (Sinon, on est mal)

Lundi soir. Couloir.

“Crac !”

“Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrgh !”

Jusqu’à preuve du contraire, aucun cerf n’était vendu avec l’appart. J’y suis seule avec le dinosaure et, sache-le, lecteur, le dinosaure n’a jamais mal nulle part. C’est une règle, que dis-je ? Un principe, un fondement (philosophique voyons !), un des prolégomènes à toute métaphysique dinosaurienne. Chez le dinosaure, une fièvre de cheval se voit qualifiée de “petite fébrilité”, une migraine de 3 jours est une  “légère douleur”…  Ce brame d’anthologie et de souffrance me tire donc sans délais de la cuisine et je me rue dans la pièce d’à côté où je trouve le dinosaure cramponné à un de ses genoux et sautillant frénétiquement sur le seul pied qui lui reste (les capacités de cet animal ne cesseront jamais de m’étonner) (surtout quand elles s’exercent au milieu d’un océan de cartons à moitié déballés).

La girafe, inquiète : “Tu es tombé ?

Le dinosaure, hoquetant : Non…

La girafe, inquiète (bis) : tu t’es cogné?

Le dinosaure, hoquetant : Non…

La girafe, inquiète (ter) : tu t’es coupé ?

Le dinosaure, hoquetant : Non…

La girafe, inquiète (quater) : mais enfin, qu’est-ce qui se passe ?

Le dinosaure, vert (et ceci n’est pas sa couleur naturelle) : je me suis accroupi et mon genou a craqué…”

Perplexité de la girafe –et du dinosaure-  mais ce dernier considérant qu’outre la douleur –qui reflue peu à peu- il n’y a pas à s’inquiéter car l’articulation ne change ni de forme ni de couleur, chacun retourne donc à ses occupations.

La journée se termine sans incident majeur et je ne suis pas peu fière d’avoir réussi à convaincre le dinosaure de prendre un rendez-vous avec Panda Agile, notre kiné commun, ainsi dénommé en raison de son incomparable zénitude alliée à des doigts de fée qui remettent en place les os les plus récalcitrants –le tout dans des senteurs d’huiles essentielles bio à vous épanouir les chakras d’une veuve de la veille.

Remarque du dinosaure à 10 minutes de son rendez-vous :

“Franchement, je n’ai presque plus mal. C’est con de déranger Panda Agile pour si peu … Non ?”

Coup de téléphone du dinosaure 10 minutes après son rendez-vous :

“Alors en fait, c’était la rotule… Elle était sortie

La girafe : Comme ça, sans prévenir ?

Le dinosaure : Oui, oui … Mais ne t’inquiète pas, elle est rentrée tout de suite… C’est çà qui a fait mal, d’ailleurs !”

Renseignement pris, ce fâcheux incident devrait rester sans suite. M’est avis que je devrais quand même arrêter de traiter le dinosaure de grande malade… Miss Scoumoune n’est pas sourde !

 

 

 

 

 

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6 commentaires pour Mais t’es une grande malade, toi (Part III et der des der, j’espère) (Sinon, on est mal)

  1. allezzou dit :

    Mais quelles manières ! On lui a pas appris à demander la permission pour sortir (et rentrer !) à cette rotule ???
    :o)

  2. le dinosaure dit :

    A la base si, on le lui a appris, on lui avait même expliqué que sa place était à un endroit bien précis et pas ailleurs! Mais je crois bien que je perds un peu de mon autorité naturelle quand il s’agit de mon propre corps! En même temps vu la douleur que ça déclenche j’ose espérer que ladite rotule ne va plus bouger de sa place d’origine!

  3. allezzou dit :

    Je te le souhaite !!!

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