Fiat lux!

J’aurais pu, ami lecteur, te raconter le fabuleux avenir de commercial que j’ai détecté chez Petit Kangourou en mal d’amour.

J’aurais pu aussi cracher un peu sur quelques collègues, peu “solidaires”.

J’aurais pu te raconter la dernière intervention hilarante de Madame Guêpe.

Soyons honnête, c’était bien ce que j’avais l’intention de faire.

Mais las! La fée électricité en a décidé autrement.

Je te plante le décor: samedi soir, après une longue et dure semaine, un dinosaure légèrement fébrile (merci les gnous de m’avoir contaminée!) et une girafe quelque peu exsangue s’installent confortablement devant leur téléviseur pour mater un polar.

Dehors tout n’est que calme et détente. Semi-obscurité dans la pièce. Détente et repos.

Le polar s’engage bien, l’action monte, ça devient palpitant et là….

Deux petits clignotements de l’ampoule et un léger pffffffffffffft plus tard, bienvenue dans le noir total!

Plus de lumière! et bien entendu pas de lampe de poche ou de bougie à proximité. Paie ta peine en cheminant à l’aveugle jusqu’au compteur électrique et découvre à la pauvre lueur de l’écran d’un téléphone portable (dont la batterie est à deux doigts de la mort ferme et définitive) que non, ça n’a pas disjoncté.

L’agitation dans le couloir viendra confirmer les doutes du pauvre dinosaure: c’est une panne de secteur. Et EDF et son numéro de dépannage d’avertir gentiment qu’ils ne sont pas en mesure d’indiquer une quelconque  heure de retour à la lumière. Après tout, ce n’est pas bien grave, il se fait tard, le dinosaure et la girafe n’ont qu’à aller se coucher en espérant retrouver de la lumière le lendemain matin… Oui, certes, mais comment dire? dans le frigo des deux animaux est entassée une belle provision de viande qui, c’est une évidence, ne résistera à une trop longue coupure d’électricité!

N’écoutant que leur courage, armées de ça:  lampe livre     comme unique source de lumière, le dinosaure et la girafe se sont donc lancées dans la confection d’un tagine et de quelques autres plats prévus pour la semaine à venir. Je te passe, cher lecteur, les joies de l’éminçage de l’oignon dans l’obscurité quasi complète, le dosage à l’arrache des épices, l’évaluation plus qu’aléatoire du taux de cuisson de la viande, l’épluchage et le découpage des légumes chargés d’accompagner ladite viande.

Et bien entendu, selon la bonne vieille loi de l’emmerdement maximum, c’est lorsque toutes les étapes bien dangereuses de nuit ont été accomplies que la lumière a refait son apparition… Je te passe le hululement brutal et inattendu de la télé se rallumant sans rien demander à personne et l’agression visuelle d’un soudain retour lumineux…

Bref, en allant se coucher, le dinosaure était quelque peu sceptique sur la qualité de son tagine.

Ce midi en voyant la girafe saucer énergiquement son assiette tous ses doutes se sont envolés.

La girafe et le dinosaure ont donc une suggestion à faire aux organisateurs de Master Chef: inutile d’engager des dépenses excessives en envoyant vos candidats cuisiner dans le désert ou je ne sais où, commencez donc par leur imposer de cuisiner dans l’obscurité totale!

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