La girafe, le retour (part twou)

C’est donc une girafe (légèrement) énervée qui rejoint le dinosaure.

Lequel, me voyant enfin revenir, raccroche au nez de son contact des services secrets (“J.B, j’te rappelle”, qu’elle a dit) (M’est avis que Money Penny va lui faire la gueule la prochaine fois qu’on ira à Londres)

Ayant pris connaissance de mes mésaventures, elle me ravitaille en bas de contention entre deux crises de fou-rire et nous embarquons enfin.

Dans la foulée, je constate avec un certain soulagement que la représentante du clergé teuton à qui je venais de claquer la porte au nez avait opté pour une autre destination.   Bon présage, c’en est fini des con****, pensais-je.

Naïve bestiole ! (deuz’)

C’était un vol de nuit et nos têtes dodelinaient plus ou moins. Donc, après le bref intermède animation-musicale-décollage-repas anti-gastronomique-duty-free-film-à-la-noix (2 h 30 au jugé), les lumières s’éteignent, le film continue sa vie mais on s’en fout, tout le monde allonge son fauteuil, se met à l’aise (= retire ses chaussures), on déplie les couvertures, on tasse les oreillers et on s’endort, ou du moins, on essaie.

Perso, j’ai sombré.

Jusqu’à 3 h 30.

Heure à laquelle l’appel des wawa m’a tiré de ma torpeur (un peu) et de mon fauteuil (complètement) pour me lancer dans une hasardeuse remontée de l’allée centrale.

Il faisait nuit noire, je dormais à moitié et bien que myope comme une taupe centenaire, je n’avais pas eu le courage de révolutionner mon sac à la recherche de mes lunettes.

C’est sans doute pour ça que je n’ai pas identifié tout de suite ce que je trainais avec moi. Oh j’avais bien senti un truc, mais j’avais parié sur un oreiller, voir un gobelet en plastique. Finalement, je me suis penchée. Et j’ai tâté.

Une godasse.

Je venais de remorquer une chaussure de femme sur une dizaine de rangs.

Et mis à part que ce n’était pas celle du dinosaure, je n’avais pas la moindre certitude concernant l’identité de sa propriétaire.

J’ai donc agi en girafe responsable et fait la seule chose qui s’imposait.

A savoir, donné un solide coup de pied dans la claquette en question, qui est allée se glisser bien gentiment trois mètres plus loin, contre la rangée de fauteuils opposée à la mienne.

Un petit passage aux toilettes plus tard et j’étais de retour sur mon siège.

Pas vu, pas pris, comme on dit.

Ceci dit, je dois une fière chandelle au dinosaure (mise au courant entre-temps) qui ne m’a pas dénoncée le lendemain matin quand une robuste ibère s’est levée en bramant :“Donde està mi Louboutin ?” et qui a su conserver un sérieux inébranlable, y compris quand les deux hôtesses et le stewart se sont quatre-patté (sans perdre un pouce de leur dignité) à la poursuite de la chaussure perdue.

Cela étant, nous étions les deux seules à visionner cette daube d’“Hunger Games” comme si notre vie en dépendait, et je ne suis pas sure que la Louboutiniste n’est pas conçu quelques soupçons à notre encontre. M’a semblé qu’elle nous regardait d’un air chafouin.

Toujours est-il que j’ai vu arriver l’escale à Madrid avec soulagement ! J’en aurais bisouillé les douaniers !

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2 commentaires pour La girafe, le retour (part twou)

  1. pakita dit :

    Rhôôô !! Moi j’aurais fait semblant d’aider à chercher la chaussure et serait passée pour une héroïne en la retrouvant rapidement !! Hihi… oui je sais, c’est vicieux 🙂
    Bon, et le bas de contention mouillé, t’en as fait quoi ? C’est que ça vaut un bras ces trucs là !

  2. le dinosaure dit :

    Le bas de contention s’est retrouvé soigneusement roulé dans une petite pochette plastique fermée et a fait le voyage dans une poche extérieure et elle aussi soigneusement fermée du sac à dos…. Top glamour!

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