Si ce n’est toi, c’est donc ta (petite?) sœur

Si tu es un familier du blog depuis un bout de temps, tu te souviens sans doute d’Anthrax, dont je t’avais parlé ici.

Anthrax qu’au bout d’une année d’emmerdes sans cesse renouvelées de bons et loyaux services, j’avais refilé avec bonheur à regret à un autre collègue de la même matière pour qu’il continue à la Tanière sa brillante carrière de “victime persécutée” en pétant un câble tous les quatre matins.

La dernière fois –il y a un mois environ- je l’ai ceinturé pour éviter qu’il n’assomme un de ces petits copains à coup de poings. Anthrax a ensuite benoitement  expliqué à Grand Gorille, notre CPE, qu’il s’était calmé à peine ma douce main l’avait-elle effleurée. Il ne se souvenait manifestement pas s’être débattu comme un possédé pour terminer ce qu’il avait entrepris. Curieusement, mes mollets, farcis de bleus s’en rappelaient mieux. Je me suis donc retrouvée pantalon relevé à témoigner de ma bonne foi dans les bureaux de l’administration.

La prochaine fois que j’essaie d’éviter une effusion de sang, qu’on me jette des bandes de cire froide. La maison accepte aussi le rasoir Gillette. Merci.

Là-dessus, je pars en vacances.

Et au retour, j’ouvre la pochette-surprise offerte par l’administration.

Dedans ? Marie-Cigüe, 14 ans, 1m 50, transfuge d’une autre 4ème, sommée d’aller se faire voir dans une autre classe après avoir, au sein d’un groupe de délicieuses petites camarades, si bien pourri l’année scolaire d’une condisciple que cette dernière ne pouvait plus voir la grille du bahut sans vomir.

Elle atterrit donc chez moi.

Classeur ordonné, cours recopiés, copies rendues en temps et en heures, jamais un mot plus haut que l’autre (ni bonjour, ni merci non plus, d’ailleurs.… )

Il lui a fallu UNE semaine pour retourner la classe comme une crêpe.

Et que j’asticote les moins concentrés juste avant d’entrer en classe, ce qui les transforme en électrons bien énervés pendant une heure.

Et que je ricane dès qu’un élève tente de participer.

Et que les batailles de stylo se multiplient…

Manque de chance, hier, je récupère au vol un projectile.

“Marie-Cigüe ?

-Quoi, quoi, quoi ? J’ai rien fait !

-Non, effectivement. A part discuter avec Benoît Baba Loukoum depuis dix minutes, te moquer ouvertement de Sari-Monosyllabe et nous rejouer la guerre des étoiles avec tes quatre-couleurs, tu n’as rien fait.  Utilise un peu plus tes méninges et un peu moins ton mauvais esprit ou assume jusqu’au bout et débarrasse le plancher !

-YES !

Marie-Cigüe en reste bouche bée. Moi aussi. Il faut dire que Sari-Monosyllabe n’ouvre JAMAIS la bouche, et surtout pas pour exprimer une opinion  personnelle. Son air convaincu déclenche un fou-rire général qui claque le beignet de Marie-Cigüe, laquelle nous flanquera une paix royale jusqu’à la fin de l’heure.

N’empêche que j’ai clairement vu ses doigts se resserrer sournoisement sur son 4 couleurs.

C’est officiel : la guerre est déclarée !  

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3 commentaires pour Si ce n’est toi, c’est donc ta (petite?) sœur

  1. allezzou dit :

    MMmmmmmm… ça promet de nombreux billets pleins de rebondissements croustillants !
    (bah quoi ? OUI, le rebondissement peut être croustillant ! Si j’veux !)

  2. pakita dit :

    Mais qu’est-ce qui est arrivé à ces gosses pour qu’ils en soient là !
    Parce que bon, c’est clair que raconté comme ça c’est drôle et je comprends bien pourquoi tu choisis cette option.
    Mais au final, c’est à pleurer.
    Cette gosse, qu’est-ce qu’elle vit ? C’est quoi ce bordel dans sa tête déjà ?
    Et pourquoi les autres gamins sont obligés de vivre ça ? C’est pas déjà assez compliqué pour eux ?
    Et on s’étonne que je veuille gardé mon gamin handicapé à la maison.
    En tous les cas, bon courage. C’est plus un boulot de prof !! C’est carrément un sacerdoce…

  3. la girafe dit :

    Je pense qu’elle nous réserve encore quelques surprises… Merci de ton passage, Mistinguett !
    Rassure-toi, Pakita, je suis encore loin de la robe de bure ! D’abord (et c’est ce qui me rassure), depuis son changement de classe, elle a des notes plus correctes, ce qui semble indiquer qu’elle a compris la leçon au moins en partie. Et puis elle s’intéresse, mine de rien. Le cours sur la critique sociale au XVIIIème l’a trouvée très attentive alors que ce n’était pas, et de loin, le plus simple de l’année… Alors oui, il y a toujours des absences, une mauvaise humeur ostensible, une ironie palpable… Alors je fais comme d’habitude : je sème… En croyant malgré tout qu’il va en rester quelque chose.

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