La huitième semaine, plus communément appelée semaine de la mort.

Dans le doux monde de la Tanière règne un dieu tout puissant qui pèse de tout son poids sur les alternances travail-vacances: j’ai nommé le dieu “Tourisme”.

Un jour Tourisme réalisa qu’il valait mieux trois fois deux semaines de vacances plutôt qu’une seule fois deux semaines. Pourquoi donc? Mais tout simplement parce que ça multiplie les possibilités de bénéfices et de bel argent sonnant et trébuchant entrant dans les caisses du dieu.

A aucun moment le dieu Tourisme ne s’est demandé ce qu’il en était pour les fauves et leurs profs. Et bien moi je vous le dis ce foutu découpage en zones ça tue le gnou et son prof quand il a le malheur de tomber (soit une année sur trois) sur la dernière zone et qu’il doit donc bosser pendant huit semaines non stop….

Parce que, qu’on se le dise, 6 semaines, c’est top (pour les gnous comme pour leurs profs), 7 ça peut se faire sans trop de dégâts mais 8 c’est une épreuve pour les nerfs et pour la santé de tout un chacun!

Pour une fois le dinosaure fera dans l’égoïsme et ne se placera que de son point de vue de petit prof.

Voici donc la semaine de la mort du dinosaure:

Lundi: arrivée au collège une heure avant le début des cours pour pouvoir faire les photocopies de la semaine.
Photocopieuse en panne, donc course éperdue dans les étages afin de pouvoir produire un petit support pédagogique devant mes fauves adorés. Récréation du matin: Madame Grue Cendrée, professeur de lutte de son état, proteste après un gnou dont il s’avère qu’il appartient à la classe dont le dinosaure est professeur principal. Avec un soupir résigné le dinosaure récupère le carnet du gnou récalcitrant et s’engage à doubler la punition en tant que professeur principal. La routine quoi… Routine quelque peu brisée par la réaction du gnou en question qui se met à sangloter en apprenant la nouvelle et qui hoquète entre deux reniflements un “J’veux mourir” quelque peu excessif… Encore un qu’il va falloir envoyer fissa chez l’infirmière… Une après midi de cours plus tard (et quelques coups de fouet bien sentis sur quelques fauves déchaînés) le dinosaure enchaîne sur deux conseils de classe ( oui, oui, déjà….).

11 heures après en avoir franchi le seuil le dinosaure quitte enfin la Tanière…

Mardi: journée de cours classique, entrecoupée tout de même par un débrief avec l’infirmière sur le gnou qui veut mourir et qui a manifestement besoin de parler…et par les tests rapides des deux fauves exotiques arrivés dans la Tanière pour savoir quel est leur véritable niveau en dialecte local… Dieu merci le dinosaure a quelques notions en idiome exotique, ça l’aide bien sur ce coup là.

Mercredi: 4 heures de cours, une petite visite au CIO pour tester un fauve exotique qui ne parle pas un mot du dialecte local… Un après-midi passé à corriger des copies et à préparer des cours pour les animaux exotiques parce que jeudi se profile une heure de cours à trois niveaux.

Jeudi: Matinée de cours avec un exercice de style fréquent avec les animaux exotiques: faire un cours sur un sujet avec une partie de la classe tout en remettant au niveau du groupe de départ le nouvel arrivant et en adaptant son cours au désormais ancien nouvel arrivant mais néanmoins toujours nouvel arrivant par rapport au groupe de départ (tu me suis lecteur patient? )… Eh oui, le dinosaure a comme deuxième prénom Shiva, le dieux aux mille bras!
L’après midi se passera dans une commission pour fauves en déroute au cours de laquelle le dinosaure plaidera pour qu’un de ses gnous intègre un dispositif particulier.
Le soir une petite réunion parents-professeurs permettra au dinosaure de garder le rythme!

Vendredi: le dinosaure tire sacrément la langue, il compte les heures avant les vacances…  il est à deux doigts de l’implosion. Lorsque sonne la fin des cours le dinosaure est une loque qui va péniblement se traîner jusqu’à sa tanière personnelle où il s’écroulera sur son lit sans même passer par la case repas.

Les vacances sont là… avec, cela va de soi, leur cortège de copies à corriger, de bulletins à remplir et de cours à préparer, mais aussi une promesse de voyage dans une contrée qu’il va te falloir découvrir cher lecteur.

Ouf! on peut souffler un peu!

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7 commentaires pour La huitième semaine, plus communément appelée semaine de la mort.

  1. Ed dit :

    Mortelle aussi ma semaine ! et bien que je sois un cheval de labeur (je ne vais quand même pas dire de labour, j’ai ma fierté) je suis tombée vendredi soir, frappée par les virus multiples qui attaquent toujours en huitième semaine !
    Bonne vacances dinosaure !

  2. Virgibri dit :

    Ton récit donne une bonne idée du rythme hebdomadaire de ces fainéants de profs.
    Bon repos, surtout. 🙂

  3. le dinosaure dit :

    Oui, Virgibri, et tu as oublié d’accoler à « fainéants » une autre qualification comme « râleurs toujours en vacances » …
    Merci de ton commentaire.

  4. Mistinguette dit :

    Ah ! La semaine précédant les vacances ! Elle est toujours douce et généreuse…
    Et moi, qu’est-ce que je me suis rajouté, histoire de corser un peu l’affaire ? Un dîner de 11 personnes à la maison !
    Youpiiiiiiiiiiiiiiii !
    N’empêche, c’était super sympa. Les vacances ont commencé le lendemain.
    🙂
    Cela dit, les vacances d’une mère de famille, c’est pas mal non plus, dans un autre genre !

  5. Mistinguette dit :

    Euh… le vendredi soir, le dîner, sinon ce serait pas drôle !

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