Mama Mia (Rocky, sors de ce corps !)

Bienvenue sur le ring, ami lecteur !

A ma droite : Marie-Lamine,  40 kg tout mouillé, cuisse de mouche, fleur de banlieue.

A ma gauche, Dolorès-Trisomine, l’œil du tigre chaton perdu sans collier, direct du gauche redoutable, à condition d’être armé d’un eye-liner.

Au milieu, un casque lourd. Dessous, la girafe boucle son gilet pare-balle entre son teaser et sa bombe lacrymo. Le cours peut commencer.

Tu crois que j’exagère, lecteur sceptique ?

C’est que tu ne t’es jamais retrouvé à faire un cours de grammaire (la chose la plus fascinante de la terre, comme chacun sait) à deux gamines qui SE DETESTENT au milieu d’un public avide de sang (= 22 charmants petits êtres en devenir)

Autant te dire que la grammaire, tout le monde s’en tamponne le coquillard avec une patte d’alligator femelle. Même la girafe, par moment, ben les accords du participe, elle s’assoit dessus ; quand une étincelle met le feu aux poudres, l’urgence, c’est de bramer un bon coup, afin que les deux gamines cessent de s’entre-insulter copieusement, voire plus en cas de mauvaise conjonction des planètes.

Hier, pas de tempête à l’horizon : tout le monde préparait le futur devoir d’expression écrite. Thème imposé : raconter un détail un moment agréable de sa vie. A la fin de la séance, on les listait au tableau :

La girafe : “aller au cinéma ? D’accord. Manger une pizza… Aller à la piscine… Faire la grasse matinée…Ok. Oui, Dolorès ?

Dolorès-Trisomine : Passer du temps avec sa mère, M’dame !”

Marie-Lamine éructe un hoquet stupéfait :”Tu appelles ça un moment AGREABLE, toi ? »

Elle a tellement l’air d’avoir vu la Vierge que pour une fois, ça ne dégénère pas. Tout le monde rigole, Dolorès-Trisomine se gondole et réplique :

“Ben oui, quand même ! Quand on fait du shoping…

“Ah oui ! Ben ma mère, elle a le don pour se planter devant le rayon petites culottes chez Monop’ et pour glapir : CA TE PLAIRAIT PAS, CA ? NON, PASQUE T’EN AS PLUS BEAUCOUP, DE CES PETITES CHOSES… ET TIENS, PENDANT QU’ON Y EST, ON VA TE RACHETER DES PATOUILLES. MADEMOISELLE, IL EST OU LE RAYON HYGYENE FEMININE ?”

Elle s’est levée et nous mime la scène. A ce stade, le public pleure de rire, moi comprise, et à en juger par certains tortillements nerveux, la sonnerie de la récréation vient à point nommé pour nous éviter quelques catastrophes sanitaires.

Moins prosaïquement, elle me permet aussi d’assister à un petit miracle : Dolorès-Trisomine qui tend à Marie-Lamine un de ses propres biscuits au chocolat.

Elle a du se dire que Mère-Nature-la-Truie avait offert à Marie-Lamine un teint de pêche, un port de princesse nubienne et des cheveux de sirène, mais qu’elle lui avait réservé, en la personne de sa mère, un parfait cadeau empoisonné. 

Ou alors elle espérait que le chocolat lui collerait des boutons…

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