La saison des marronniers.

Oh ça va… je vous vois déjà froncer un sourcil perplexe devant le titre.

Non, le dinosaure ne va pas vous parler du marronnier qui occupait le centre de la cour de la Tanière. Et ce pour une simple et bonne raison: ledit marronnier est mort de sa belle mort… Lassés de voir les fauves de la Tanière utiliser ses fruits comme projectiles, épuisés de voir l’infirmerie de l’établissement regorger de fauves à l’arcade éclatée, au nez sanguinolent et à la lèvre fendue, inquiets à l’idée qu’un jour ou l’autre un prof ne parvienne pas à franchir sans dommage le champ de bataille qu’était la cour de la Tanière (à côté le Chemin des Dames c’était une partie de plaisir!), Grand Lion et Petit Lion ont depuis longtemps déjà ordonné l’exécution par décapitation et arrachement du sol dudit marronnier.

Mais alors de quoi s’agit-il? Allez, cherche un peu petit lecteur éphémère….
Il s’agit du marronnier journalistique du mois de mai. Mais attention! ce marronnier-là est propre à toute salle des profs.
Tous les ans, début mai, l’observateur extérieur arrivé par hasard dans une salle des profs peut assister à un étrange spectacle.
Dame Papyrus fait des aller et retour frénétiques entre son CDI et la salle des profs, les bras chargés de colis.
Dame Papyrus fait non moins frénétiquement des tas de livres sur les tables de la salle des profs,  tas qu’elle distribue ensuite avec une générosité toute prodigue dans les casiers des différents profs.
Chaque prof s’approche enfin précautionneusement de son casier et l’ouvre avec la minutie et l’attention extrêmes d’un artificier en train de tenter de désamorcer une charge explosive destinée à faire sauter une nouvelle fois les tours du World Trade Center. Si le prof enseigne une des matières dites fondamentales, comme le français ou les maths, il fait en général un brutal bond en arrière quand la porte de son casier s’ouvre. En effet en tombe bruyamment une série de manuels scolaires divers et variés soigneusement emballés sous plastique par des éditeurs soucieux de vendre leur marchandise à l’enseignant en mal de supports pédagogiques….

Tous les ans le dinosaure et la girafe voient ainsi pleuvoir une bonne dizaine de manuels supplémentaires.
Tous les ans ils manquent périr étouffés sous le poids desdits manuels.
Tous les ans ils se demandent où ranger ces foutus manuels.
Non parce qu’il faut bien le dire, certains sont de simples réactualisations des années précédentes: on ajoute trois pages pompeusement baptisées “HISTOIRE DE L’ART” et hop! on pond un nouveau manuel….

Et depuis peu les éditeurs ont trouvé une nouvelle idée brillante: en plus du manuel au format “traditionnel” ils envoient au prof coordonnateur de la discipline (celui censé centraliser les besoins et les demandes dans sa matière) un exemplaire en format léger! Faut pas croire, les éditeurs sont soucieux du poids du cartable de nos petits chérubins…
Et puis comme nous sommes dans l’ère de l’informatique et des nouvelles technologies on nous propose aussi le manuel numérique à télécharger… sauf que nos élèves n’ont pas accès à un ordinateur, par élève et par cours….

Alors le dinosaure a une question et une réclamation:

Question: Quelqu’un connaît-il une association qui cherche des manuels scolaires? Si oui, qu’on le lui dise, il en a des tonnes à donner!
Réclamation: Sauvons les arbres de la forêt amazonienne et ne publions que du vraiment nouveau et innovant.

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3 commentaires pour La saison des marronniers.

  1. Axel dit :

    Dame Papyrus n’a pas de contact en Afrique ? Notre précédente les envoyait là…
    Moi j’aime bien découvrir les nouveaux manuels, mais il paraît que certains ailleurs se plaignent de ne pas tous les recevoir… parce qu’il faut être inscrit sur une liste adressée aux maisons d’éditions. Donc, peut-être, pour ceux qui pensent à sauver la forêt faudrait-il demander la radiation de ladite liste ?

  2. le dinosaure dit :

    Dame Papyrus n’a pas de contact en Afrique, non… hélas!
    Il faut effectivement être inscrit sur une liste. En fait c’est dame Papyrus qui indique quels niveaux tu as et ensuite les éditeurs t’envoient.
    Et j’aime bien recevoir des manuels, tant que ça ne vire pas dans l’excès. Point trop n’en faut!:)

  3. pakita dit :

    ça devrait-être comme la pub ! Il suffit de mettre sur les boites aux lettres : pas de pub et hop ! un p’tit arbre de sauvé… keuf keuf… ce n’est hélas pas si simple.
    Mais bon… je suppose que les bibliothèques de quartier ? Ou les villes sinistrées ? ou tout simplement les Emaüs ?

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