Et de quatre !

Nous sommes à la fin des années 30. Albert d’York, le second fils du roi Georges V,  est timide, terne, bègue et… lucide. Il se destine donc joyeusement à une existence effacée de père de famille et d’officier de marine. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des royaumes si le vieux roi ne s’éteignait pas et si Edouard VII, son successeur, ne refilait pas la patate chaude la couronne à son cadet, plus affriolé par les jupons de Wallis Simpson que par les affaires de l’état. Voilà notre Bertie propulsé roi alors que la radio devient un média de masse que le roi va devoir utiliser pour galvaniser ses peuples à la veille de la seconde guerre mondiale… Pour en savoir plus, allez faire un petit tour par là.

Vous l’aurez compris (ou pas, mais dans ce cas, faites vérifier votre radar hollywoodien), la girafe et le dinosaure sont allés voir Le Discours d’un Roi. C’était il y a quelques jours et ça sentait déjà bon les Oscars…

Alors, me direz-vous, méritées, les quatre statuettes ?

En tout cas, j’en décernerais bien, moi !

Alors : un dino d’or ex-aequo au couple star du film pour la qualité de leur jeu. Dans le rôle du bègue royal muselé autant par son éducation que par son handicap, Colin Firth  fait vibrer l’émotion à fleur de pellicule. La scène où il s’improvise pingouin pour tenter d’échapper à l’histoire du soir réclamée par la future Elisabeth II flanque une bonne claque à tous les pseudo fastes royaux. Quant à Helena Bonham Carter, qui joue la duchesse d’York, elle incarne une réjouissante reine Elisabeth, pleine de bon sens et d’humour.

Cerise sur le gâteau (qui a dit que les Anglais étaient coincés ?), il s’agit d’un ménage à trois : le mari, la femme et… le thérapeute. Geoffrey Rush prête ses traits au “médecin” qui a secondé le roi à chacune de ses interventions radiophoniques. Personnage sympathique, apparemment léger, qui gagne en complexité tout au long du film.

Deuxième dino, troisième dino, quatrième dino d’or… Décernés à ce film qui, en dépit de son classicisme a le mérite de soulever des questions ultra contemporaines. La relation d’amour-haine que le roi entretient avec la radio et les médias en général fait furieusement penser au Dianagate et interroge sur la place d’un roi qui règne sans gouverner. Quant aux faces à faces entre le roi et son médecin, au-delà du problème du handicap, ils abordent celui de la fidélité : fidélité à la famille, au devoir, et surtout, à soi-même, avec cette question qui concerne chacun de nous : que pouvons-nous nous autoriser à abandonner de notre passé, de notre éducation, de notre famille justement, pour devenir ce que nous souhaitons être ? Et en quoi nos semblables, par leurs failles plus encore que par leurs qualités, nous aident-ils à nous construire ?

Et voilà quatre statuettes d’or virtuelles… A vous d’opérer un retour dans les années 30 !

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