Quand la norme devient l’exception…

D’après la girafe, y’a un quartier mondialement connu à Montréal: le Village!

Le Village, en fait, c’est le quartier gay de Montréal. Tout petit, mais inratable! Les rues sont pavoisées de rainbow flags et peuplées de couples homosexuels qui profitent de pouvoir s’afficher ouvertement à deux  sans risquer regards désapprobateurs ou étonnés ou des remarques franchement désobligeantes.
Dans Le Village y’a des restaus, dont un que la girafe avait remarqué lors de sa lecture méthodique de la page « Où manger » du guide touristique. Nous sommes donc allé manger dans ce petit restaurant, qui comportait une dizaine de tables et proposait un menu varié et sympathique à un tarif très intéressant.

Le patron qui nous a accueillies portait sur lui son homosexualité.

Les clients attablés aussi.

Nous nous installons et commandons.

Quelques minutes après, le spectacle a commencé.

Deux nouveaux clients sont entrés: un couple, hétéro, d’une petite soixantaine d’années, très BCBG. Monsieur, impeccablement rasé, portait un pantalon en lin à plis et une chemisette claire, Madame, brushing tout aussi impeccable que le rasage de Monsieur, était élégamment vêtue d’un pantacourt blanc et d’un petit chemisier rose pâle à col rond. Ils ont marqué un premier temps d’arrêt en voyant un jeune homme caressait tendrement la main de son commensal. Monsieur a carrément pâli quand le patron s’est précipité sur eux, tout sourire, en secouant son torchon rose pâle, pour leur proposer de choisir la table qu’il voulait. Madame, pour sa part, a encore redressé son port de tête, se pensant sans doute protégée par son allure altière…. Monsieur, sans voix, a désigné d’un doigt tremblant une petite table dont une chaise était coincée entre la devanture du restaurant et le mur. Il s’est faufilé à cette place, toutes fesses serrées et lèvres pincées à l’extrême.

Quand Madame est revenue des toilettes son brushing avait perdu de sa superbe… Manifestement elle avait mal vécu les préservatifs en distribution libre et gratuite à droite de la porte….

Monsieur, lui, oscillait entre le verdâtre et le blanc pur…. Quand le tenancier du coin a encaissé un couple en fredonnant d’une voix de fausset « Je t’aime comme un fou, je t’aime comme un fou, ouh ouh », le refrain de la chanson qui passait à ce moment-là à la radio, Monsieur a carrément frôlé la syncope. Il parcourait nerveusement, à grands coups d’oeil affolés, la salle, cherchant quelque chose qui pourrait le rassurer un chouia.

Le dino que je suis avait toutes les peines du monde à dissimuler son fou rire.

La girafe, tout en dégustant son saumon grillé, a parfaitement résumé la situation: « ils sont en train de découvrir ce que c’est que de ne pas être la norme! » C’est bien simple, j’ai failli en recracher ma gorgée de café en explosant de rire…

Notre gentil couple BCBG a mangé à la vitesse de l’éclair, il a littéralement jeté quelques billets sur la table pour payer son écot et  a fui à toutes jambes ce lieu de perdition, tellement vite que Monsieur en a manqué se vautrer en sortant… il avait manifestement oublié qu’il y avait une petite marche  pour quitter le restau… Le tout sous l’oeil imperturbable du patron, qui n’a même pas esquissé un sourire moqueur, le saint homme.  Bon, par contre, c’est confirmé (s’il y en avait besoin), le dino n’est pas un être très charitable parce que moi je pleurais de rire sur mon dessert!

 

 

 

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Partir en vacances à trois (suite)

Quand la chaleur a un peu diminué, nous sommes sorties pour continuer à explorer Montréal. Et le moment du repas vespéral a fini par se pointer. Après nos aventures de buanderie nous avons décidé de nous offrir une p’tite bière en apéritif. Faut dire que la carte du restau sur lequel nous avions jeté notre dévolu proposait plein de bières sympas et locales.

Nous commandons donc deux bières à une serveuse fort sympathique et très souriante qui revient rapidement avec deux grands verres couverts de buée et remplis d’un breuvage qui n’attendait qu’une chose : qu’on le déguste!

Et question dégustation, la girafe, elle a pratiqué sur ce coup-là! Elle nous a même fait une dégustation totale, avec tous les sens…

En effet, sans trop savoir comment, la bière de la girafe a soudain jailli du plateau de la serveuse et s’est violemment renversée, douchant INTEGRALEMENT l’animal au long cou.

Je dis bien « INTEGRALEMENT ». Elle avait de la bière des cheveux jusqu’aux pieds, sa jupette était trempée et parfumée au houblon et la pauvre serveuse ne savait plus où se mettre.

Elle s’est un tout petit peu détendue quand elle a réalisé que la girafe et son acolyte dinosaure avaient littéralement explosé de rire! Entre deux hoquets je l’ai rassurée:  » Non mais ne vous inquiétez pas, c’est normal avec nous!  »

Bref, la girafe y a gagné un petit tour aux toilettes du troquet et la serveuse en a été quitte pour nous offrir nos bières (après en avoir apporté une nouvelle à la girafe)

Bon, le lendemain nous avons quitté Montréal avec du linge sale… et parfumé au houblon, mais surclassées dans un petit 4*4 d’un beau rouge, ce qui a permis à la girafe de ne se tromper de voiture que 4 ou 5 fois pendant les semaines de road trip qui ont suivi!

Jusqu’au retour Miss Scoumoune s’est tenue tranquille… jusqu’au retour….

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Partir en vacances à trois…

Oui, à trois…  le dino, la girafe et Miss Scoumoune!

Pourtant tout avait bien commencé. Pour tout dire, j’ai pendant un bref instant cru que nous nous étions enfin débarrassées de Miss Scoumoune.

Pourquoi?

Ben, dans l’aéroport la girafe n’a pas fait sonner tous les portiques, n’a pas eu droit à une fouille intégrale, n’a pas été désignée d’office candidate pour le contrôle aléatoire du jour et a réussi à enfiler ses bas de contention sans déclencher de crise internationale majeure. Rien! Nada! Que dalle!

En attendant d’embarquer dans le vol transatlantique chargé de nous mener sur notre lieu de villégiature de l’année nous nous réjouissions de ce passage éclair de la douane et des contrôles de sécurité…

Faut le reconnaître, j’ai vite, déchanté… parce que quand pour sa deuxième pause pipi (ben oui, un vol transatlantique, c’est long!) la girafe est revenue à sa place la mine piteuse et la tête basse, j’ai vite compris que nous n’avions pas laissé Miss Scoumoune sur le sol français… non, elle avait manifestement décidé de nous accompagner!

– la girafe?

-mwouarf….

– qu’est-ce que t’as fait?

-laisse tomber, je te dirai pas! (mine boudeuse et air renfrogné )

-la girafe?

-ouais, bon, ça va, je te raconte… Tu vois l’espèce de mini cendrier qui est sur la porte des WC, à l’extérieur?

-euh… vaguement…

-ben, il m’est resté dans les mains quand j’ai ouvert la porte pour aller aux toilettes et j’ai dû le remonter sous l’oeil hilare d’une rangée de passagers…. et j’ai eu du mal à le remonter, tu t’en doutes bien!

Fou rire du dino…

Le reste du vol a été plutôt calme, si on met de côté le fait que la girafe a malencontreusement et sans s’en rendre compte éteint à 6 reprises l’écran individuel de son gentil voisin à la carrure de rugbyman. Il a  fini par le lui signaler, un peu agacé de ne pouvoir regarder tranquillement « La princesse et la grenouille ».

Bagages récupérés sans souci, hôtel des premiers jours trouvé sans problème, et voilà deux animaux en vadrouille dans Montréal.

La chaleur était bien présente et nous avons donc décidé de profiter de la piscine de l’hôtel. Et vu que la suite du voyage se faisait en road trip nous avons aussi choisi, la veille de notre départ de l’hôtel, de profiter de la buanderie mise à notre disposition pour laver notre linge et quitter Montréal avec du linge propre!

En animaux organisés, nous profitons de l’heure chaude pour se replier au frais dans la piscine après avoir lancé une lessive dans la buanderie sise à deux pas de la pataugeoire de l’hôtel. Le dino, en bon maniaque, programme la minuterie de son téléphone portable pour pouvoir aller jeter le linge propre mais humide dans le sèche linge au plus vite. En attendant nous nous prélassons dans la piscine, le téléphone et la carte magnétique permettant d’accéder à tout (chambre, piscine, buanderie, salle de sport, salle du petit déjeuner) bien sagement posés à côté de nos fringues. Quand le téléphone sonne, nous nous drapons dignement dans une serviette fournie par l’hôtel (mini format la serviette donc, pas le grand drap de bain super large) et quittons la piscine en y laissant nos fringues et nos chaussures, munies en tout et pour tout de la pièce de monnaie nécessaire au fonctionnement du sèche-linge, d’un téléphone et d’une carte magnétique, carte qui refuse de nous ouvrir la porte de la buanderie.

Retour vers la piscine, dont la carte magnétique refuse de nous ouvrir la porte…

Tu vois le tableau, ami lecteur? La girafe en bikini drapée dans sa serviette d’hôtel, pieds nus, et encore ruisselante de perles d’eau. A ses côtés, le dino en maillot une pièce, drapé, dans la mesure du possible, dans sa serviette d’hôtel, pieds nus et le cheveu dégoulinant, tenant dans ses petites mimines une carte magnétique qui n’avait manifestement pas apprécié son petit tête-à-tête avec le téléphone portable. Piscine au 16eme étage, accueil au rez-de-chaussée. Hôtel un peu chicos en prime (ça apprendra au dino à trouver de super occasions pour les vacances…. ).

Nous avons donc dignement pris l’ascenseur jusqu’au rez-de-chaussée où, sous l’oeil outragé d’une digne grand-mère indienne, nous avons exposé notre petit souci au gentil monsieur de l’accueil qui nous a, très gentiment, remagnétisé notre carte… Enfin, qu’il croyait! Parce que quand nous sommes revenues au 16eme étage la porte de la buanderie a encore et toujours refusé de s’ouvrir… Il nous a donc fallu redescendre au rez-de-chaussée, toujours vêtues en tout et pour tout de nos maillots de bain et des serviettes de l’hôtel….

Et là, le charmant réceptionniste était au téléphone avec Monsieur Richard, et manifestement c’était compliqué de se faire comprendre de Monsieur Richard. La conversation a donc duré un bon quart d’heure… pendant lequel l’intégralité de la digne famille indienne qui faisait son check-in nous a foudroyées du regard alors que nous nous égouttions misérablement sur le sol de l’accueil….

Quand Monsieur Richard a, enfin!, lâché notre gentil réceptionniste, ce dernier, avec un petit sourire (mais qui n’en aurait pas eu un à sa place?!), a remagnétisé notre carte, a pris cette fois-ci la peine de vérifier sur la porte de la salle de sport voisine que la carte désormais acceptait d’ouvrir les portes et nous avons rassemblé toute notre dignité (il n’en restait plus beaucoup à cet instant précis) pour reprendre l’ascenseur jusqu’au 16eme étage pour lancer un sèche-linge, récupérer nos fringues et nos chaussures à la piscine et retourner cacher notre honte (et notre fou rire) dans notre chambre!

C’était désormais une évidence: Miss Scoumoune avait embarqué avec nous pour le Canada!

La soirée allait, s’il en était besoin, nous le confirmer…

A suivre….

 

 

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Vacances…. enfin!

Elles ont fini par arriver, et, n’en déplaise aux sempiternels jaloux et grognons, il était temps que tout s’arrête…

Stage de dernière minute pour les gnous exotiques… au cours duquel le dino, cette nullité absolue en dessin, s’est retrouvé à crayonner nerveusement pour ne pas se mettre à hululer de rage et de désespoir devant les inepties qu’on lui assenait avec une rare régularité… Heureusement il était accompagné de sa fidèle girafe, agent modérateur s’il en est,  et de Grand Phacochère Sympa qui trépignait sur sa chaise et pratiquait régulièrement des exercices respiratoires dignes d’un grand maître du yoga pour ne pas charger férocement les pseudo formateurs… ça a permis à la pilule d’un peu moins coincer….

Grâce (ironie inside) à cette p*** de réforme du collège nous avons trimé comme des dingues les deux derniers jours pour essayer de préparer tant bien que mal la rentrée prochaine.

Et je ne vous raconte pas notre bonheur quand nous avons réalisé qu’en raison des disponibilités du gymnase il fallait INTÉGRALEMENT reprendre le travail prévu dans le cadre d’un EPI et qu’en prime cela allait avoir des conséquences sur le moment où allait se dérouler un autre EPI…. Arrachement de cheveux, lamentations mezzo voce, grincements de dents à certains moments, feuilles de brouillon rageusement froissées et jetées non moins nerveusement à la poubelle… les cerveaux surmenés ont sacrément fumé!

Heureusement les gnous exotiques ont eu la bonne idée de remonter le moral de leurs pauvres professeurs en brillant au DELF et, pour les grands de 3emes, en décrochant quasi tous leur brevet des collèges.

Vous avez donc raté, amis lecteurs, le spectacle, unique et flamboyant, de la danse de la victoire de la girafe et du dinosaure, un mélange de paon faisant la roue et de poule se haussant du col.

Bref, les sacs de classe sont posés dans un coin du bureau et ils vont devoir attendre que nous rentrions de notre périple estival pour reprendre du service…

Parce que pour les trois semaines à venir, soyons clairs, on jette aux orties les cours et les copies et on dégaine l’appareil photo pour aller admirer d’autres paysages et d’autres cultures!

 

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Comment le dinosaure s’est étouffé avec sa dernière glaciation…

Grand Gorille a récupéré un second… Grand Chamallow Second.

Je te cacherai pas, ami lecteur, que je n’apprécie que moyennement Grand Chamallow Second.

Il a une nette tendance à vivre dans le monde des Bisounours et semble toujours tomber d’une autre planète…

C’est, je pense, le seul adulte de la Tanière qui n’a jamais pensé qu’un élève exclu par un enseignant pouvait éventuellement présenter à Grand Chamallow Second une version personnelle et édulcorée des raisons qui ont amené son exclusion de cours… Non, ces pauvres petits ne peuvent pas mentir ou enjoliver les choses! Le prof par contre, lui, ce grand méchant qui a des exigences démesurées (aka s’attendre à ce qu’un élève vienne en classe avec son livre, son cahier et au moins un stylo pour écrire…. Truc de ouf! ) ne mérite même pas qu’on prenne la peine d’écouter sa version des faits ….

Bref, ce fut tendu entre Grand Chamallow Second et quelques profs de la Tanière à plusieurs reprises au cours de l’année.

Honnêtement, on pensait qu’avec la fin du mois de juin on tenait le bon bout.

Las! Grand Chamallow Second est un être plein de ressources…. qui a achevé le dino et TOUTE une équipe pédagogique alors qu’était évoquée la situation plus que problématique d’une jeune gnoue. Je te dresse rapidement le tableau: « Cette gnoue ne fournit aucun travail depuis septembre, elle refuse purement et simplement de travailler, et ce malgré tous les efforts des profs de la Tanière. » Comme à la Tanière nous sommes d’incurables optimistes (ça évite les tentatives de suicide à répétition….) un point « positif » est relevé: « Par contre y’a du mieux au niveau du comportement, elle insulte beaucoup moins ses camarades et ne les frappe quasiment plus! »  Champagne!

Et là, commentaire de Grand Chamallow Second: « Ah ben si vous avez réduit vos exigences de travail, c’est sûr qu’elle pose moins de problèmes de comportement! »

Gné?! Il se fout de nous ou il est sérieux là? !

Échange de regards interloqués entre profs, petite mise au point préjurassique « nous n’avons pas baissé nos exigences de travail, elle n’a jamais rien foutu, elle n’a jamais voulu rien faire, c’est elle qui n’a jamais monté son niveau d’exigence, et ça n’a rien à voir avec son comportement avec ses petits camarades! »

Grand Chamallow Second a pris l’air peiné du pauvre agneau innocent à qui on vient d’annoncer qu’il va être sacrifié avec un couteau ébréché alors qu’il n’était là que pour aider….

Dieu me pardonne, ce n’est pas charitable, je sais, mais là, si pour les 10 jours de cours qui restent avant les vacances ma route pouvait éviter de croiser celle de Grand Chamallow Second, ce serait bien…. parce qu’il n’est pas sûr que le dino fatigué que je suis conserve encore longtemps un semblant de calme devant les inepties à répétition du monsieur…

Qu’Allah, Jésus, Yahvé, Bouddha et tous les dieux polythéistes de la création veuillent bien accéder  à ma demande!

 

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Y a des baffes qui se perdent…

Et a priori, heureusement.

Celle qui m’a chatouillé le bout des mimines hier quand Grundwald-Ragondin m’a sorti “Fait chier, votre cours” n’est jamais arrivée à destination.

N’empêche, je m’interroge… Car le soulagement d’être parvenue à me contenir ne parvient pas (encore ?) à effacer l’amertume de m’être fait insulter par une miniature de 10 ans deux tiers.

Rien qu’une petite camomille –et une bonne période de vacances- ne puisse effacer, mais quand même… J’en viens à me demander si Grundwald-Ragondin n’aurait pas gagné à “parler à ma main” d’un peu plus près…

Histoire de ne pas se prendre un solide bourre-pif si un jour il dit ça à un gros costaud qui n’aura pas les mêmes raisons que moi de ne pas lui en coller (quelques) une…

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L’art pour l’art…

Ou pas.

En ce moment, à la Tanière, les gnous défilent, brandissant des reproduction diverses de photos, tableaux et autres chansonnettes qu’ils commentent avec (plus ou moins) de talent…

Mais toujours un bel enthousiasme, jugez plutôt :

Castor-Croqueur-de-Culture : “Un célèbre poète français a participé à l’écriture du scénario de ce film. Tu le connais ?

Clothilde-Karenine, du tac au tac : Bien sûr, M’sieur! C’est Jacques Pervers !”

Enthousiasme juvénile : 1  / hormones adolescentes en folie : 20000000

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